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Lise Willar - Ecrits |
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J’ai l’intention de raconter aujourd’hui deux histoires : celle qui apparaît ici et que j’ai vécue puis dans un deuxième temps une version « conte de fée » en anglais pour ma petite fille américaine. J’aurais pu procéder comme l’ont fait des écrivains ou des metteurs en scène au seul changement du titre et du dénouement. Robert Hossein n’a-t-il pas offert aux spectateurs deux options pour l’épilogue de sa Marie-Antoinette, la grâce ou l’échafaud ? Je me suis dit en dernier ressort que je préférais écrire une version anglaise plutôt que d’effectuer une simple traduction, le premier récit pouvant impressionner l’esprit de très jeunes enfants. Mort d’un Pigeon Voyageur Chaque année ont lieu dans un pays francophone les Championnats du Monde de Scrabble qui se sont tenus exceptionnellement pour la dernière année du millénaire aux portes de la capitale, à la Cité des Sciences. Dans ce cadre idéal et spacieux que j’ai visité plusieurs fois avec l’un de mes petits-enfants, vingt sept nations représentant tous les aspects de la francophonie se sont confrontées dans deux opens de mille personnes environ, l’élite de notre jeu ne comptant qu’une soixantaine de super champions qui jouent un tournoi différent des nôtres mais non moins international. Les joueurs n’appartiennent pas forcément aux Etats où le français est la langue officielle ou l’une d’entre elles en tout cas - Bénin, Cameroun, République Démocratique du Congo, Congo Brazzaville, Côte d’Ivoire, France et Dom-Tom (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Nouvelle-Calédonie, Réunion, Saint-Martin), Luxembourg, Madagascar, Québec, Tchad, Rwanda, Sénégal, Suisse, Togo - mais ceux où notre langue est restée vivace - Maroc, Tunisie, Liban - ou est en passe de le redevenir - Vietnam - et les pays qui comptent parmi leurs nationaux des amoureux du français tels qu’Israël, la Roumanie et le Royaume-Uni. Après avoir raccompagné chez elles deux amies handicapées, je suis rentrée à mon appartement vers 18 heures et j’ai fait différentes choses avant de pénétrer dans la cuisine qui comporte une grande fenêtre et un vasistas que je ne puis atteindre sans une échelle. Quand j’ai levé les yeux, j’ai aperçu derrière la vitre du vasistas une petite tête de pigeon. La première surprise passée, j’ai regardé à nouveau : la petite tête était toujours tournée vers moi et j’ai eu comme l’impression que le regard de l’oiseau était rempli d’amertume. J’ai alors pris la décision de téléphoner à mon gardien qui est un homme de ressources afin de lui demander conseil sur la marche à suivre avec ce petit volatile dont je ne connais pas les habitudes, mises à part celles qui causent bien des tracas aux spécialistes dont la tâche est de surveiller les statues des jardins publics ou des églises que les pigeons détruisent peu à peu en y déposant inconsidérément leur fiente. Mon gardien est obligeamment monté à l’appartement et après avoir grimpé sur l’échelle que j’avais placée devant le vasistas, il m’a déclaré que l’oiseau était bagué et que nous avions donc à faire à un pigeon voyageur fatigué qui apparemment se reposait sur la margelle avant de reprendre sa course. J’ai alors suggéré de le faire boire et de lui donner des miettes de corn flakes car je n’avais pas acheté de pain ce jour-là. Aussitôt dit aussitôt fait et bientôt notre pigeon se retrouvait avec suffisamment d’eau et de nourriture pour tenir le coup et reprendre son vol. Ayant remercié mon gardien, je lui dis que je le tiendrais au courant de la tournure que prendraient les évènements. Je lui ai téléphoné deux heures plus tard pour lui dire que mon hôte avait bu et picoré mais qu’il était maintenant recroquevillé sur lui-même comme pour s’endormir. Il m’a suggéré de le laisser tranquille en m’assurant qu’il viendrait me trouver le lendemain matin à huit heures moins le quart puisque je devais partir dès huit heures Porte de la Villette pour mes championnats. Il sonnait à l’heure dite et après avoir constaté comme je l’avais fait moi-même avant de lui redonner de l’eau et des corn flakes que si le pigeon n’était plus recroquevillé et se déplaçait de long en large sur la margelle, il n’avait apparemment aucune envie de quitter ce rebord hospitalier. Comme j’étais pressée, j’ai donné un trousseau de clefs à mon gardien en le priant de faire pour le mieux mais de s’arranger pour que mon nouvel ami ne soit plus sur place à mon retour, tard dans la soirée. J’avais constaté que la fiente s’accumulait sur la margelle et qu’elle coulait même - j’avais pu le constater en levant les yeux vers mes fenêtres depuis le bas de l’immeuble - le long des carreaux de céramique qui ornent les murs de notre résidence. Quand je suis arrivée chez moi vers vingt et une heures après une journée fatigante où j’avais joué un tournoi individuel le matin et deux parties de paires l’après-midi, c’est-à-dire environ six heures de compétition, mon premier soin fut bien sûr de lever les yeux vers mon vasistas : le pigeon n’y était plus. Je téléphonais donc immédiatement à mon gardien pour lui demander ce qu’il était devenu. Il me dit alors tout ce qui était arrivé en mon absence : étant remonté à l’appartement après mon départ, il avait délicatement pris l’oiseau puis, sur le conseil de son vétérinaire auquel il avait téléphoné, il l’avait transporté dans sa cave, l’avait nourri de miettes de pain et lui avait redonné de l’eau. Il était même allé à la pharmacie pour acheter un réconfortant qu’il avait administré au pigeon à l’aide d’une seringue. Il avait pris soin également de le débaguer pour obtenir l’adresse et le numéro de téléphone de son maître qui étaient forcément portés sur l’anneau. Ne voulant pas le déranger trop tôt, il décida de l’appeler après avoir vaqué à ses premières occupations du matin. Juste avant de le faire, il est redescendu à la cave et n’a pu que constater la mort de notre petit ami. C’est donc malheureusement une triste nouvelle qu’il a donnée à son interlocuteur. Celui-ci, après l’avoir remercié de tous les soins que nous avions prodigués à l’oiseau, a dit qu’il habitait à environ deux kilomètres de chez nous et que son pigeon revenait de Lourdes : la course avait sans doute été trop pénible puisque le petit coursier n’avait pu atteindre son havre si proche. Le monsieur a également dit qu’il allait retéléphoner l’après-midi pour donner de plus amples explications. Pour ma part, je ne crois pas que je veuille en savoir davantage. Je suis triste mais heureuse tout de même d’avoir pu apporter un réconfort à l’oiseau dans ses derniers instants. Mon père a fait 14-18 et il m’a raconté que durant la première Guerre mondiale comme en 1870-71, les pigeons voyageurs avaient rendu de nombreux services à l’armée, du côté allemand comme du côté français d’ailleurs. Ils étaient les seuls à une époque où l’information n’avait pas comme aujourd’hui la possibilité d’être connue quelques secondes après l’évènement à passer les lignes d’un coup d’aile afin de porter des messages au-delà des tranchées. Je suppose qu’ils ont rendu bien d’autres services même en temps de paix, même à l’aube de notre troisième millénaire puisque les éleveurs sont restés nombreux dans tous les pays du monde. J’ai été assez choquée, je dois le dire, par la réflexion d’une de mes deux amies handicapées qui, apprenant le début de l’histoire, m’a déclaré qu’elle serait morte de frayeur à la seule vue du pigeon. Mon petit ami n’était tout de même pas une des terreurs du film « Les Oiseaux » de Hitchcock et puis nous avons tous de la compassion pour les souffrances qu’elle endure depuis sa naissance. Alors, pourquoi n’en a-t-elle pas ressentie vis-à-vis de ce petit volatile qui n’avait certainement jamais fait de mal à personne? Ayant terminé la version anglaise, je me suis aperçue que j’avais envie de raconter le conte de fée aux jeunes Français, récrire le seul dénouement ne me paraissant pas plus souhaitable que ma première idée de traduire en le modifiant quelque peu mon récit pour Sara. Je suppose qu’à l’intention de ma petite fille, j’ai dit les choses d’une autre façon, plus à la portée d’une jeune Américaine avec une ou deux explications nécessaires à la compréhension d’un esprit de cinq ans. Ainsi l’ « Odyssée d’un Pigeon Voyageur » que je vais raconter maintenant est une transposition (pas une traduction) de la version anglaise destinée aux enfants de la francophonie. Comme les petits enfants ne liront pas mon recueil de nouvelles, je demande aux parents ou aux grands-parents concernés de la leur transmettre de ma part. C’est la raison pour laquelle je la dédie à tous les petits amis que je n’ai pas le plaisir de connaître encore comme je l’ai fait pour ma petite fille américaine L’Odyssée d’un Pigeon Voyageur Tous les ans ont lieu dans un pays francophone les championnats du monde de scrabble qui ne se jouent pas en parties libres comme dans les pays anglo-saxons mais selon une formule découverte il y a plus de vingt cinq ans par un joueur belge (si vous êtes trop jeunes pour avoir entendu parler de notre jeu de lettres, vos parents vous en expliqueront la formule.) La semaine est très chargée. Pour les Championnats de l’an 2000, nous devions nous rendre chaque jour, ce qui signifiait pour moi emprunter une bonne partie du périphérique nord, à la Cité des Sciences de La Villette. Si quelques uns d’entre vous n’ont pas encore visité la Cité des Sciences, sachez que dans cette imposante structure, vous pouvez apprendre tout sur tout ce qui existe dans le monde scientifique même si vous êtes très jeunes. La « Cités des jeunes » est en effet composée de sections offrant aux enfants de 3 à 12 ans un apprentissage à leur portée sur des sujets divers comportant bien entendu la manipulation d’un ordinateur. Séparée de la structure principale par un plan d’eau est la Géode, une sphère lumineuse à l’intérieur de laquelle sont projetés des films en trois dimensions qui ont été tournés partout dans le monde, au-dessus des villes comme au sommet des plus hautes montagnes ou dans les abysses des océans. A l’occasion des championnats de la dernière année du second millénaire, des joueurs sont venus non seulement du monde francophone, Belgique, Suisse, Luxembourg, Québec, nos départements et territoires d’outre-mer, les “Dom-Tom” de Martinique, Guadeloupe et Saint Martin aux Caraïbes, la Guyane en Amérique du Sud, les Comores, Maurice, La Réunion sur l’Océan Indien, la Nouvelle Calédonie, Wallis-et-Futuna, la Polynésie française sur l’Océan Pacifique et toutes les nations nord-africaines, africaines, proches ou extrêmes orientales où le français fut au temps des colonies (belges comprises) et des protectorats la langue principale et l’est demeurée (seule pour certaines, associée aux idiomes aborigènes pour d’autres) : Maroc, Tunisie, Liban qui comporte un club très actif à Beyrouth, Côte d’Ivoire, Tchad, Rwanda, Sénégal (dont les joueurs sont parmi les meilleurs du monde en particulier mes amis Arouna Gaye et Ngondo Samba Sylla), la République Démocratique du Congo, appelée naguère Zaïre (qui nous a envoyé le vingtième joueur mondial.) Deux représentantes du Viêt-Nam ont fait le long voyage alors qu’on n’y parlait pratiquement plus le français depuis l’indépendance. Il semble qu’en raison des échanges touristiques, culturels et commerciaux une partie de la population reprenne pour les plus âgés d’entre elle ou apprennent pour les plus jeunes l’usage de notre langue. Un club de scrabble existe en tout cas à Hô Chi Minh-Ville (anciennement Saigon, capitale du Viêt-Nam du Sud de 1954 à 1975, date à laquelle les troupes du Nord, après avoir vaincu les Américains comme le Vietnam du Nord avait vaincu les Français en 1954, s’en emparèrent.) Après toutes ces explications qui n’ont pas de rapport avec mon histoire mais que je vous ai données afin que vous compreniez l’importance de se battre pour que la francophonie conserve sa place dans le monde (et puis, ne le dites à personne mais je suis une amoureuse des longues digressions), je reprends le cours de cette fin de journée du 31 juillet, à la minute même où je suis rentrée chez moi pour me reposer après les deux premières parties. Le temps de déposer mon sac et mon jeu, de me mettre à l’aise et de me rafraîchir à la salle de bains, je ne suis pas entrée tout de suite dans la cuisine où je me précipite en général car les efforts intellectuels me donnent très faim. Quand je l’ai fait, mon regard a été attiré comme par un aimant vers le vasistas qui se trouve au fond de la pièce, à gauche de la fenêtre principale, et que je laisse toujours entrouvert. J’ai immédiatement aperçu derrière la vitre la petite tête d’un pigeon dont les yeux me fixaient tristement, à ce qu’il m’a semblé. Surprise tout d’abord je ne savais pas trop quoi faire, me disant qu’il allait sans doute s’envoler dans la seconde qui allait suivre. Mais non, il restait là, ne cessant de me regarder. Je pensais alors qu’il était sans doute blessé et je décidais d’appeler le gardien de la résidence qui saurait mieux que moi comment procéder. Très obligeamment, il est venu de suite et m’a demandé de lui apporter une échelle. Quand il eut escaladé les quelques marches et examiné l’oiseau de plus près, il se retourna vers moi et me dit : « C’est un pigeon voyageur que nous avons là, je viens de m’apercevoir qu’il est bagué. » Il ajouta : « Il a fait sans doute une longue course et il se repose avant de reprendre son vol. S’il était blessé, il n’aurait pu s’arrêter sur le rebord ou même y remonter depuis le sol. » Maintenant, jeunes amis, les plus grands parmi vous savent certainement ce qu’est un pigeon voyageur mais je dois expliquer aux plus petits ce que le mot signifie et les fonctions du volatile : les pigeons voyageurs sont des oiseaux qui vivent dans un colombier, c’est-à-dire une construction destinée à leur élevage. Autrefois, elle était souvent séparée de l’habitation principale et avait la forme d’une petite tour recouverte d’un toit conique. Aujourd’hui les colombiers sont souvent construits sur le toit de sa maison par l’éleveur. Les pigeons voyageurs sont entraînés par leur maître à faire des vols prolongés. Ils étaient employés autrefois en temps de paix comme en temps de guerre pour transporter des messages et bien sûr allaient beaucoup plus vite que les chevaux qu’on devait changer à de nombreux relais. Le message qu’ils transportaient était inscrit sur une feuille de papier qu’on introduisait à l’intérieur d’une bague dont on entourait l’une des petites pattes de l’oiseau. A l’intérieur de la bague étaient également portés le nom du propriétaire et son adresse afin que le destinataire sache d’où lui était envoyé le message. Mon père qui a fait la Première Guerre Mondiale de 14-18 (je suis une vieille dame) m’a raconté qu’on employait encore à cette époque de nombreux pigeons voyageurs parce qu’ils pouvaient transporter des messages au-delà des lignes ennemies mais que ce n’était rien par rapport à la guerre franco-allemande de 1870-1871 qui ne disposait encore que de ballons dirigeables ou de montgolfières. Il est bien évident qu’aujourd’hui les messages sont transmis en quelques secondes par les nouveaux médias tels que le téléphone, le fax et Internet mais on élève encore des pigeons voyageurs pour leurs performances physiques. Ils participent à des concours où le plus endurant des oiseaux, c’est-à-dire celui qui a fait la plus longue course dans le minimum de temps, est déclaré vainqueur. Revenons une fois de plus à mon récit: après que le gardien ait déclaré que l’oiseau était un pigeon voyageur fatigué, je me dis aussitôt que pour lui redonner des forces, il fallait le nourrir et surtout le faire boire. Je n’avais pas de pain à la maison mais je fis des miettes de corn flakes et je remplis d’eau une petite timbale en plastique. Le gardien, toujours au sommet de son échelle, déposa le tout à côté du pigeon qui se mit immédiatement à boire avant même de picorer les miettes. J’étais si heureuse, mes jeunes amis, d’avoir deviné juste. Nous décidâmes alors de laisser l’oiseau en paix afin qu’il puisse se reposer après avoir terminé son repas. Mon gardien redescendit alors de l’échelle et me dit qu’il reviendrait dans deux heures pour voir si le pigeon était toujours là, auquel cas il le prendrait pour le débaguer afin de connaître le nom, l’adresse et surtout le numéro de téléphone de son propriétaire qu’il pourrait contacter en cas de nécessité. Après dîner (comme je l’ai dit plus haut, les tournois de scrabble et les émotions me donnent de l’appétit !), vers les neufs heures du soir et le pigeon étant toujours là, le gardien qui était comme promis remonté chez moi, fit ce qu’il avait décidé. Quand il eut retiré la bague et lu l’adresse de l’éleveur, nous nous aperçumes que celui-ci habitait dans le voisinage et que l’oiseau devait être bien fatigué pour s’être arrêté aussi près du but. Ayant reposé délicatement l’oiseau sur le rebord du vasistas, le gardien appela le numéro de téléphone inscrit à côté de l’adresse. C’est un homme heureux qui lui répondit : il était en effet étonné que le pigeon n’ait pas encore regagné ses pénates mais comme il était revenu de Lourdes en un coup d’aile (la ville de Bernadette Soubirous que certains d’entre vous appelle Ste Bernadette se trouve à 800 kilomètres de Paris), il était normal qu’il fût épuisé. Le monsieur, après nous avoir remerciés d’avoir nourri et fait boire l’oiseau, nous pria de le laisser tranquille pour la nuit. S’il ne l’avait pas récupéré d’ici le lendemain matin, il viendrait lui-même le chercher. Je donnais donc mes clefs au gardien avant son départ afin qu’il puisse entrer dans mon appartement si besoin était car je devais moi-même quitter les lieux de très bonne heure pour me rendre à La Villette et à mes championnats. Avant de me coucher, je suis remontée sur l’échelle pour voir si tout allait bien. La petite boule de plume était présente mais la tête se dressa dès que j’eus donné un coup léger sur la vitre. Tout allait donc bien. Dès mon réveil le lendemain matin, je me précipitai dans la cuisine et j’escaladais les marches de l’échelle que bien sûr j’avais laissée sur place. Quel ne fut pas mon plaisir de constater que mon nouvel ami s’était envolé et qu’il devait avoir depuis longtemps réintégrer son colombier. Un coup de téléphone au gardien pour lui donner la bonne nouvelle et je me préparais bien vite à partir vers mon destin de scrabbleuse. Mon récit s’arrête là car j’ai très envie de dire « les pigeons heureux n’ont pas d’histoire. » Je crois, jeunes amis, que celle de « mon » pigeon vous plaira. Quelques uns parmi vous, ceux qui ont entendu parler de Lourdes en tout cas, diront peut-être que Sainte Bernadette a porté bonheur à l’oiseau. Dieu n’a-t-il pas créé toutes choses, la terre, les mers, l’homme et la gente animale dont les pigeons font partie ? Pour moi, je suis heureuse que l’odyssée du pigeon voyageur se soit terminée aussi bien que celle d’Ulysse qui revint à Ithaque après un long voyage semé d’embûches pour y vivre avec Pénélope le reste de ses jours. |