|
Lise Willar - Ecrits |
|
Accueil
Le temps des voyages Prologue Nouvelles Mon oncle l'anarchiste Short Stories
My uncle the
anarchist Version française Version anglaise
Billy Collins Livres...dits Première partie Mots...dits Première partie Horizon 2003 Prologue
|
HORIZON 2004 2004 Le 4 Janvier Ayant terminé mon « Horizon
2003 » dont je ne pensais pas il y a vingt ans que je le mènerais à son
terme, je me contenterai dorénavant de programmer les choses pour une année
seulement… Je pensais n’avoir pas de goût à le faire mais décidément les
évènements me poussent et je ne me sens pas le courage de les passer sous
silence. En dépit de tous les strass, les pétales de rose, les vœux de
bonheur dont tous les médias nous ont saturés au moment de ce qu’il est
convenu d’appeler « Les Fêtes de fin d’année », l’année
2004 a commencé avec une nouvelle catastrophe : Un
avion charter égyptien transportant 148 personnes dont 133 touristes français
en provenance de la station balnéaire de Charm El-Cheikh s’est abîmé samedi
avant l’aube en mer Rouge, au large des côtes égyptiennes, et tous ses
occupants ont été tués. Ce
crash est survenu alors que les menaces terroristes continuent de planer sur le
transport aérien dans le monde, suscitant un renforcement des mesures de sécurité,
surtout en Europe et aux Etats-Unis mais les autorités égyptiennes et françaises
ont affirmé privilégier la thèse de l’accident. Selon de premiers éléments
révélés par le ministre égyptien de l’Aviation civile, Ahmed Chafik,
l’appareil aurait brusquement perdu de l’altitude après être monté à
1500 mètres et avoir effectué un virage non prévu dans son plan de vol. Le Boeing
737 appartenait à la compagnie égyptienne privée Flash Airlines et
transportait 148 personnes, 135 passagers et 13 membres d’équipage, selon une
source judiciaire française, confirmant un précédent bilan égyptien. « Après
vérification des listes de passagers, 133 touristes français se trouvaient à
bord, ainsi qu’une ressortissante marocaine et une Japonaise », a indiqué
un responsable du ministère égyptien de l’Aviation civile. Treize membres
d’équipage égyptiens se trouvaient également à bord, a-t-il ajouté.
L’avion était arrivé de Venise en Italie avec des touristes italiens à bord
et avait redécollé une heure plus tard. Il devait effectuer une escale au
Caire pour se ravitailler en carburant avant de se rendre à l’aéroport de
Roissy. Nous
avons bien sûr eu des centaines d’images des familles attendant leurs proches
à l’aéroport, des dizaines de fois le médecin de Roissy a parlé du choc
psychologique que constituait pour elles l’annonce d’une telle catastrophe
et de la manière dont elles allaient être prises en charge. En dehors de ces
paroles officielles, je dois dire que si j’ai été émue par la détresse de
tous ces gens qui attendaient en vain un appareil qui ne se poserait pas, le garçon
qui m’a paru le plus atteint est le seul survivant d’une famille de huit
personnes qui avaient décidé, en raison des prix très abordables de passer
les vacances de Noël et du Nouvel An à Charm El-Cheikh. Je peux imaginer
qu’il regrettait peut-être, au moment où il apprit la terrible nouvelle, de
n’être pas parti avec les siens et de n’avoir pas crashé avec eux. Le
16 Janvier Je
n’ai pas très envie de parler des évènements car ils me paraissent aussi détestables
les uns que les autres. On dirait que la tragédie de Charm El-Cheikh a déclanché
la mémoire des Français au sujet d’autres tragédies, celle de l’avion
abattu au-dessus de la Libye et pour laquelle on offre à chaque famille un
million de dollars pour solde de tout compte, somme que la femme du commandant
de bord n’accepte pas car, pour elle, la vie de son mari n’est pas
monnayable, celle du bus de Karachi qui a décimé l’ingénierie maritime française
et pour laquelle les responsables vont en appel après avoir refusé le jugement
selon lequel on devait payer huit cent mille euros aux victimes ou aux familles
de victimes également pour solde de tout compte… Comme quoi le coût d’une
vie n’est pas la même selon le contexte, les lois ou les pays mis en cause.
Catastrophe d’hier : le naufrage d’un chalutier français au large de
l’Angleterre, à l’entrée du Channel. Je crois qu’il n’y a pas de
survivants mais je me renseignerai. L’Amérique,
elle, par le biais de son aimable président, a décidé d’atteindre les différentes
planètes de notre univers pour les conquérir sans doute. Apparemment, détruire
le terrorisme sur tout le globe terrestre ne suffit plus à cet homme politique
avide plus encore peut-être que les nôtres de pouvoir absolu à tel point que,
vexés sans doute après qu’on eût découvert que le plus fort pays du monde
n’était pas exempt de la maladie de la vache folle, les experts américains
ont décidé que le saumon de notre vieille Europe n’était plus consommable
et que seul celui du Pacifique seul était digne de la confiance des
consommateurs… Et
la France, me direz-vous ? Je m’y sens très mal car j’ai
l’impression de vivre une époque où la répression a pris le pas sur toutes
les autres valeurs républicaines qui faisaient ma joie manichéenne. Je voyage
beaucoup moins qu’autrefois en raison de mon âge mais j’en suis à me
demander si le printemps me verra sur les routes, déconcertée que je suis par
la mise en place de tous ces radars qui, je le confesse, me font un peu peur,
non pas que j’hésite à réduire la vitesse de mon véhicule mais parce que
toutes les machines commettant des erreurs, je crains que l’on ne me flashe à
tort ! José
Bové s’est offert un autre grand voyage, cette fois-ci à Bombay en Inde où
se tient une réunion internationale dont je ne sais plus si elle est tiers
mondialiste ou alter mondialiste. A la vitesse où Monsieur Bové fait sa
propagande, je le saurai bientôt. J’ai vu dans les informations que Madame
Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix, dévoilée, comptait parmi les personnalités
qui avaient tenu à être présentes à cette rencontre. Pour moi, c’est un
acte de courage et une prise de position beaucoup plus digne d’admiration que
celle du journaliste, agriculteur, syndicaliste… dont je pense qu’il est
trop médiatisé. Le
17 Janvier Suite
à une manifestation organisée à Marseille toujours au sujet de la laïcité
et du port du voile, une autre rencontre est prévue pour cet après-midi entre
la République et la Bastille, je suppose. C’est un « hold up »
fait sur la première manifestation par Mohamed Latrèche, le président du
parti extrémiste, communautariste des Musulmans de France. Le président du
Conseil français du culte musulman (CFMC), Dalil Boubakeur, a déconseillé de
manifester (mollement sans doute selon son attitude ambiguë puisqu’il n’est
pas contre l’idée mais pense « qu’il ne faut pas effrayer les
bourgeois ! ») Je suis étonnée que Tariq
Ramadan, l’influent intellectuel genevois, petit-fils du fondateur des Frères
musulmans égyptiens, ait mis en garde dans un texte public contre les « groupes
radicaux, sectaires et agressifs » qui essaient « de tirer profit du
mécontentement des musulmans pour se mettre en avant. » Il préfère sans
doute ses méthodes intellectuelles qui marquent sans doute plus les esprits que
ces manifestations qui peuvent déconsidérer leurs participants et faire le jeu
d’un autre extrémisme, celui de Lepen. J’ai vu hier après-midi l’émission « C dans l’air » sur Arte qui, bien sûr, portait sur le problème que pose cette manifestation. Un des intervenants m’a rappelé Tariq Ramadan non seulement pour ses propositions ambiguës[1] mais pour son statut d’intellectuel (médiéviste selon lui) et le sourire narquois qui n’a pas quitté ses lèvres pendant que s’exprimait cette admirable juriste qu’est Fadela Amara, l’auteur de « Ni putes ni soumises. » L’homme est Soheib Bencheihk, le mufti de la mosquée de Marseille, nommé à ce poste par Dalil Boubakeur mais qui, apparemment, a pris ses distances avec la position laïque des musulmans libéraux. J’avais pu lire il y a quelques mois l’information suivante : « Le Mufti de Marseille Soheib, membre de droit du Conseil français du culte musulman (CFCM), vient d’annoncer à l’AFP son entrée en dissidence, en accusant Nicolas Sarkozy d’avoir fait trop de concessions à la mouvance obscurantiste et intégriste de l’Islam. Alors que l’assemblée générale du CFCM s’est réunie pour la première fois les 3 et 4 mai, Soheib Bencheikh a indiqué qu’il devait être reçu par le ministre de l’Intérieur, à la demande de celui-ci. Mais d’ores et déjà, j’annonce mon entrée en dissidence , a-t-il déclaré, car tout le monde est représenté au CFCM, sauf l’essentiel, l’islam de France qui a cru à l’intégration, à la sécularisation de la société et à la privatisation de la foi. Soheib Bencheikh a cependant précisé qu’il ne démissionnerait pas du CFCM, où il doit siéger au bureau en tant que personnalité qualifiée sauf s’ils voulaient l’exclure. » Je
n’ai pas une seule fois pu constater hier que Monsieur Bencheikh s’en était
tenu à cette attitude puisque, seul parmi les invités, il a approuvé la
manifestation d’aujourd’hui qui, pourtant, est organisée par la « mouvance
obscurantiste et intégriste » qu’il réprouvait naguère. Mon
étonnement est venu du fait que ce soir même, en rentrant du scrabble, j’ai
regardé les informations et j’ai constaté que si Tariq Ramadan était
toujours opposé à la manifestation, Soheib Bencheikh l’avait rejoint dans
cette condamnation. Pourquoi deux poids et deux mesures ? Est-ce selon l’émission
à laquelle on assiste, les journalistes qui vous interrogent ou bien peut-être
est-ce que ne comprends plus tout à fait ce que j’entends ! Mohamed
Latrech m’est apparu comme un propagandiste qui haranguait comme le veut la
coutume ses troupes à l’aide d’un haut-parleur, plus un aventurier en
politique qu’un imam humble et discret, respectueux de son image religieuse.
La télévision a, bien sûr, trouvé un couple issu du Maghreb, acquis à nos
idées laïques et qui réprouvait la manifestation. On ne m’ôtera tout de même
pas de l’idée que légiférer sur ce point va faire empirer les choses.
Pauvre Monsieur Chirac dont l’image était encore préservée en terre d’Islam
depuis son opposition à la Guerre d’Iraq. Elle me semble aujourd’hui bien détériorée,
non peut-être par ses positions laïques (qui me surprennent, je dois le dire,
vu l’empressement qu’a toujours mis le couple à se montrer à l’église)
mais par le fait qu’il veut les ériger en dogme. Le
18 janvier Pour changer de ton et d’atmosphère, j’aimerais parler du Dakar. Là encore, c’est la télévision qui m’a aidée car j’ai suivi presque chaque jour « Aventure Dakar » sur la 2, présentée par Céline Géraud.[2] Cette charmante jeune femme m’a surprise par son allant, sa simplicité et ses talents de présentatrice. Peu attirée par les sports si ce n’est le tennis ou le golf (des sports de bourgeoise me direz-vous…), j’ai en tout cas aimé tous les paysages traversés qui m’ont émue par leur calme, leur immensité, la pourpre de leurs couchers de soleil et les personnages interviewés par Céline. En fait, j’ai honte de le dire, les participants, malgré tous leurs efforts surhumains pour atteindre la capitale du Sénégal, m’ont paru moins intéressants que le cadre dans lequel ils ont accompli leurs exploits. Je vois très bien Céline Géraud dans Ushuaia car elle est très certainement capable non seulement de dépeindre la nature mais également de s’intégrer à elle comme l’a toujours fait Nicolas Hulot. Il est décidément impossible
de se tenir à l’écart de l’actualité qui fait peur. Pendant que j’écris
mes impressions sur le Dakar et que j’écoute sur Mezzo des airs de musique
classique accompagnés de dessins animés conçus pour amener les enfants
d’une façon sereine à un genre qu’ils ne connaissent pas vraiment sauf
pour les enfants de musiciens ou de passionnés de la musique classique tombe
cette information une fois de plus bouleversante : Un
attentat suicide à la voiture piégée a fait 18 morts et autour de 25 blessés
dimanche matin devant les portes du grand Q.G américain à Bagdad. Il s’agit
du plus sanglant attentat commis dans la capitale irakienne depuis la capture de
Saddam Hussein le 13 décembre dernier. Au nombre des morts figurent 16 civils
irakiens et deux employés du département américain de la Défense. La bombe,
de forte puissance, a explosé juste devant l’une des grandes entrées de la
« zone verte », un ancien complexe présidentiel de Saddam Hussein
aujourd’hui quartier général de l’administration dirigée par les Américains.
Le véhicule piégé a explosé alors qu’il venait de se ranger dans une file de voitures attendant de pouvoir entrer dans la base, fortement gardée par l’armée américaine, a déclaré un porte-parole de la première division blindée américaine. Un porte-parole militaire américain n’a pas pu confirmer la nationalité des employés du département de la Défense. Bon nombre d'étrangers sous contrat sont employés par le département américain de la Défense en Irak. Selon un soldat américain présent
sur les lieux, presque toutes les victimes semblent être des civils irakiens,
essentiellement des employés de la base qui attendaient que les portes
s'ouvrent pour être fouillés et entrer. Le dimanche est un jour de travail en
Irak et la bombe a explosé peu après 08h00 locales (05h00 GMT), à l’heure
de pointe. Des véhicules blindés de
l’armée américaine ont fait leur apparition dans la rue où a eu lieu
l’explosion et les blessés ont été évacués par des ambulances. A l’hôpital
Yarmouk, non loin de là, une quinzaine de personnes ont été admises pour
blessures provoquées par l’attentat. « J'ai vu une voiture, je ne sais
vraiment pas ce qui s'est passé », a raconté Rakad Iyas Ibrahim, une
femme assise sur un lit d’hôpital, la tête bandée et le visage maculé de
sang. « J'ai vu des vitres voler en éclats et je suis tombée »,
dit-elle avant de céder aux sanglots. Le dernier gros attentat commis dans
Bagdad remonte à la nuit de la Saint Sylvestre lorsqu’une voiture piégée
avait explosé devant un grand restaurant, tuant au moins huit personnes et
faisant une trentaine de blessés. Et
voilà, feu des paysages magiques su Sahara, des marionnettes, des dessins animés,
de la musique classique, les princes qui, une fois de plus nous gouvernent bien
mal, nous font constamment tomber du haut de nos rêves car ce sont les princes
qui ordonnent et les hommes qui exécutent. Le
4 Février Je ne veux pas revenir trop
longuement sur la condamnation d’Alain Juppé. C’est une histoire dont on
nous rebat les oreilles depuis des jours et des jours sur toutes les chaînes de
radio et de télévision et même en zappant, on retombe sur la même histoire
et le même personnage. A croire que le gouvernement n’a que trois choses en tête :
recueillir des fonds auprès des automobilistes contribuables en les condamnant
de plus en plus sévèrement pour leurs manquements au code de la route,
discuter de la laïcité et faire du problème du voile un élément si
incontournable de notre vie que je ne peux plus voir un foulard sans être écoeurée
puis, bien sûr, assurer Monsieur Alain Juppé du soutien de toute la nation
reconnaissante ( mon cul ! aurait dit Zazie en ces temps heureux où
nous pouvions encore souffler autrement que dans un ballon fliqué pour mesurer
notre taux d’alcoolémie.) Je me permets de rappeler ici le fait suivant :
M. Henri Emmanuelli, ancien trésorier du parti socialiste, a
été condamné, lui, en 1996 et 1997 à dix huit mois de prison avec
sursis et à deux ans d’inéligibilité suite à une loi promulguée en 1995
par Monsieur… Alain Juppé. Il n’a bénéficié d’aucune indulgence du
tribunal. Apparemment, et dans ces affaires, la justice n’a pas été la même
pour le député socialiste et pour le président de l’UMP. Je dirai aussi que
Monsieur Strauss-Khan a démissionné de ses postes tout le temps qu’a duré
son procès et n’y est revenu qu’après la déclaration en appel de non-lieu
à son encontre. Bien, je m’arrête avant que la passion ne me reprenne contre
tous ces beaux messieurs dont le choix
est de protéger notre merveilleux et intègre président de la République ! Le
13 Février J’ai
éprouvé comme toutes les femmes de la commisération pour cette jeune détenue
de Fleury-Mérogis qui a accouché menottes aux mains parce qu’elle a refusé
la présence d’une surveillante dans la salle de travail. La directrice de
l’hôpital elle-même a été émue, se demandant comme nous toutes comment on
pouvait s’évader durant ou suite à un accouchement. Avec le bébé ? En
laissant le bébé ? Comme toutes les autres femmes, je me suis dit que la
France était entrain de tomber bien bas, surtout quand j’ai appris que sous
la dictature argentine, les détenues femmes, non pas de droit commun mais
politiques accouchaient de la même façon, ce qu’on peut comprendre de la
part d’un régime autoritaire mais qui est choquant au pays qu’on appelait
« celui des droits de l’homme ! » La
douceur de la semaine est venue des « Victoires de la Musique »,
trois heures de plaisir, de bonheur, d’émotion à l’écoute non seulement
des révélations parmi lesquelles deux jeunes femmes l’une violoniste,
l’autre flûtiste, m’ont charmée par leur talent et leur virtuosité mais
également des « monstres sacrés » tels Mstislav Rostropovitch qui
a conduit un extraordinaire octet de violoncellistes, me rappelant une autre émission
où s’était produit un octet de pianos comme je n’en avais jamais entendus
auparavant et la si jolie Hélène Grimaud, la jeune femme aux loups, dont
l’interprétation magnifique de tous les grands compositeurs est connue
internationalement mais chaque fois une nouvelle et merveilleuse découverte.
J’ai évidemment apprécié non seulement l’interprétation de Laurent
Naouri dont j’eusse aimé qu’il reçoive les mêmes récompenses que Roberto
Alagno et qui a fait appel à un soutient continu aux intermittents du spectacle
sans lesquels de telles émissions ne pourraient avoir lieu, appel accueilli
chaleureusement par l’assistance de professionnels et de politiques qui l’a
écouté debout et l’a généreusement acclamé. Enfin, une merveilleuse soirée
sur le service public sans une anicroche si ce n’est l’absence de Montserrat
Caballé. Le
23 Février Qu’avons-nous
appris depuis ma dernière apparition sur ces pages ? Les évènements d’Haïti
sont de plus en plus alarmants, les conservateurs iraniens ont gagné les élections
législatives, un prélude à de nouvelles confrontations avec les réformateurs
et le doute quant à la réélection de l’actuel Président, le procès de
Bernard Quantin, l’assassin présumé de Marie Trintignant est prévu, je
crois pour le mois de Mars et s’il reconnaît les coups qu’il a donné à sa
compagne il nie toute intention d’avoir voulu attenter à sa vie, Le spectacle
de Dieudonné à l’Olympia a été déprogrammé non pas pour la performance
de « l’humoriste » dont personne ne conteste d’ailleurs les
propos antisémites mais parce que des avertissements graves ont été envoyés
à la direction pour la mettre en garde contre d’éventuelles interventions
musclées si Dieudonné se produisait, deux ans après la capture d’Ingrid
Bettancourt, une marche a eu lieu hier du Trocadéro au Mur de la Paix du Champ
de mars à la demande de sa fille de dix huit ans et de tous les hommes et
femmes qui prient instamment le gouvernement colombien d’entamer des négociations
avec l’armée rebelle afin d’obtenir la libération des otages… Je
n’ai pas parlé de la Cérémonie des Césars et des invités de Marc-Olivier
Fogiel parce que je vais y revenir : Je ne sais pas jusqu’à quel point
les nommés apprécient le choix qui est fait de leurs concurrents parce que je
n’ai pas suffisamment la possibilité d’entrer dans leur jeu et que je
n’ai aucune idée de l’influence que peut avoir un prix sur l’acteur et
son parcours… Je sais seulement que Micheline Presle dont la filmographie
m’a « estomaquée » méritait son César d’honneur et qu’Omar
Sharif méritait, lui, d’être récompensé pour son rôle dans « Monsieur
Ibrahim et les Fleurs du Coran. » Je ne puis parler des « Invasions
Barbares » que je n’ai pas encore vues mais je sais que la réputation
de Denys Arcand n’est plus à faire. Je
passe donc à l’émission de Marc-Olivier Fogiel sur la 3 « On ne
peut pas plaire à tout le monde » dont je ne retiendrai que
l’intervention d’un prêtre traditionaliste en retraite qui a été invité
par Mel Gibson à célébrer tous les matins la messe en latin pendant qu’il
tournait « La Passion du Christ » car l’évêque canadien qui le
fait habituellement avait été rappelé par sa hiérarchie. J’ai été
offusqué par chacune des paroles de cet homme qui vit à Rome et qui devrait être
excommunié depuis longtemps par le Vatican pour non respect avéré des
« consignes » de Vatican II, à savoir en tout cas que le peuple
juif n’est pas un peuple déicide. Il a dit que tout dans le film était véridique
et que les campagnes menées par les médias et les Américains eux-mêmes
contre la sortie en salle étaient de pures inventions de journalistes. Quand
Marc-Olivier Fogiel lui a rapporté les propos négationnistes du père de Mel
Gibson, il a nié une fois encore la réalité de ces dires.
Je
rappelle ici que « La Passion du Christ » est un film de
l’acteur, réalisateur et producteur australien, Mel Gibson qui, dès la fin
de son tournage et avant même sa sortie dans les salles, fut assuré d’un énorme
succès grâce au soutien actif des communautés religieuses qui ont acheté
plus de deux millions de DVD fabriqué pour les besoins de la cause. « Je
suis victime de persécutions religieuses, en tant qu’artiste et en tant
qu’homme », s’est lamenté le réalisateur dans les colonnes du Los
Angeles Times. Depuis plus d’un an, il est la cible de vives
critiques de la part de membres influents de la communauté juive qui lui
reprochent d’attribuer aux juifs la responsabilité de la mort du Christ, dans
la lignée des Evangiles. L’auteur s’en défend, avec virulence. Le New
York Times relate ses propos, tenus en prime time sur la chaîne ABC.
« L’antisémitisme est un péché, tous les conseils papaux l’ont
condamné, c’est totalement antichrétien. » Mais Mel Gibson - comme je
l’ai montré plus haut - appartient à une communauté catholique
traditionaliste qui rejette les réformes de Vatican II sur le déicide, ce qui
n’a fait qu’alimenter la rumeur. Si l’on met de côté la polémique théologique, on peut s’étonner de voir l’acteur afficher ainsi un profil de martyr quand on pense au succès dont le film est d’ores et déjà assuré. « La Passion du Christ », qui doit sortir en salle aux Etats-Unis le 25 février - sa sortie n’est pas encore programmée en France - à l’occasion du mercredi des Cendres et du début du carême dans le calendrier catholique, « devrait rapporter en un seul week-end suffisamment de recette pour rembourser à Mel Gibson son investissement personnel de 25 millions de dollars », remarque le site web de la chaîne ABC. Selon
ce même site, « c’est un puissant mélange de religion et d’argent
qui semble avoir été instauré pour assurer à 'La Passion' un succès au
box-office. » Tourné en araméen et en latin, le film a fait l’objet
d’une campagne de marketing peu orthodoxe. Aucune projection devant la presse,
ni aucune forme de publicité traditionnelle n’ont été tolérées par
l’acteur. Toute la campagne promotionnelle du film aura en réalité été
organisée par les communautés religieuses. « Le film a touché le centre
nerveux de la communauté évangélique chrétienne, qui compte plusieurs
millions de membres. Cela représente un pouvoir économique de plusieurs
milliards de dollars », estime la chaîne ABC. Après de nombreuses
projections privées en avant-première, pasteurs et dévots se sont littéralement
rués sur les tickets. Un baptiste texan, bouleversé par le film, en aurait à
lui seul acheté pour 42 000 dollars dans le seul but de les redistribuer. Il est douteux que les communautés évangéliques aient assuré sans contrepartie la promotion de « La Passion du Christ. » Pour elles, assure la BBC, il s’agit bien au contraire « d’un puissant outil de recrutement. » Et le révérend Stephen G. Gibson, cousin du réalisateur, ne s’en cache pas. Il envisage même d’accompagner ses 100 paroissiens pour voir le film. « Ce film est un instrument d’évangélisme. On a acheté ces tickets pour que les gens de la congrégation puissent inviter des incroyants. Cela pourrait changer leur vie. » Et il y a plus inquiétant. Certains n’hésitent pas en effet à faire le lien entre cette fougue religieuse et les prochaines élections présidentielles. Pour le New York Times, « le marketing de ce film restera un chef-d’œuvre d’aveuglement. Il est bien utile d’articuler ainsi religion et politique dès lors qu’il y a des voix à soutirer aux Américains croyants. » Il est vrai que « La Passion du Christ », avant même d’être dévoilé aux cercles religieux, avait dès juillet dernier été visionné par certains pontes conservateurs. A l’heure où une bonne partie de l’opinion publique américaine voit dans la reconnaissance du mariage homosexuel une œuvre satanique, on imagine sans peine l’influence politique que pourrait avoir un tel film…Certains, au contraire, interprètent l’engouement annoncé du public américain comme un juste retour des choses. Pour le San Francisco Gate, « ce film est pour beaucoup de chrétiens comme un cri de ralliement. Alors que la culture pop dénigre systématiquement leur foi, 'La Passion' symbolise leur droit d’interpréter l’histoire de Jésus comme ils l’entendent, sans se soucier du politiquement correct. »[3] Parmi les invités de Marc-Olivier Fogiel, seule Marie Laforêt - ses remarques m’ont fait très mal - s’est trouvé en plein accord avec les propos du monsieur même quand il a affirmé que les Juifs avaient fabriqué la croix. Jamais je ne me souviendrai qu’elle avait de beaux yeux… Il semble que le très conservateur Cardinal Lustiger ait des réserves à l’égard du film et des images proposées par Mel Gibson, c’est tout à son honneur. Je souhaite que le Vatican, en la personne de Jean-Paul II, exprime de semblables réserves. Le 25 Février J’ai
maintenant compris la raison pour laquelle Marc-Olivier Fogiel apportait son
soutien inconditionnel à Guillaume Depardieu : il est le coauteur de son
livre Tout donner. L'animateur de France 3 a
travaillé pendant trois mois avec l’acteur pour rédiger ce livre
d’entretiens. Marc-Olivier
Fogiel et Guillaume Depardieu sont devenus amis après s'être rencontrés une
première fois en 1997 sur le plateau de l'émission TV+ que MOF présentait
sur Canal+. Ce dernier explique sa démarche au Parisien : « Je
l’amène à se raconter, il nous fait entrer dans son univers. Pourquoi et
comment, à certains moments de son existence, il a trébuché. Pour moi, ce
n’est pas un livre de voyeur mais plutôt un livre de douleurs. Parce que la
différence de Guillaume m’a attiré, j’ai décidé de faire ce livre
d'entretiens avec lui. » L’acteur
dépeint dans le livre est différent de l’image qu’il renvoie aux médias :
« Je peux vous dire que c’est quelqu’un de cultivé, intelligent, poli
et structuré alors que son image médiatique a tendance à prouver le
contraire. Le problème avec Guillaume, c'est qu’il évolue juste dans son
monde à lui. » Le problème est que chaque membre de la famille Depardieu
semble évoluer dans un monde bien à lui. J’en veux pour exemple l’arrivée
sur le plateau de Gérard, apparemment « enivré » de plaisir et de
boisson à l’annonce du César attribué à Julie… Pour ce qui est de
Guillaume, il est vrai qu’il m’a paru très « sobre » quand il a
été par invité à parler de lui et du livre, il est vrai que l’enfance
d’un « enfant de la balle » est toujours chaotique mais après
tout les avantages qu’ils en tirent par la suite ne semblent pas négligeables
puisque la majorité des fils ou filles d’acteurs et de chanteurs reprennent
le flambeau dès qu’ils le peuvent. Pour ce qui est de notre quotidien : il est évident que les habitants de ma bonne ville de Besançon ont eu plus de chance que les victimes du séisme du Maroc qui semble avoir fait plus de cinq cents morts et de trois cents blessés. En ce qui concerne les futurs candidats à la Présidence des Etats-Unis, Ralph Nader, représentant écologique, est à nouveau entré dans la course. Je ne minimiserai jamais l’action de cet homme qui a toujours lutté contre les abus de toutes sortes commis dans son pays. Je me souviens encore qu’en 1965, c’est grâce à lui que mon père a pu échanger sa « Chevy » après que Ralph Nader eût signalé les défaillances structurales des « Chevrolet » fabriquées par General Motors. Il a également - exemple parmi tant d’autres - dénoncé le travail sous-payé par Nike des travailleurs d’Extrême Orient. Ceci dit, son entrée dans la course va, comme elle l’a fait aux dernières élections, diminuer les chances des démocrates et de John Kerry, exactement de la même façon que les trop nombreuses candidatures françaises ont permis l’arrivée de Le Pen à la seconde place, l’élimination de Lionel Jospin et le vote en masse pour Chirac qui a profité de cette chance sans pour autant nous être reconnaissant d’avoir, contre notre volonté, voté pour lui. Le 29 Février Au moment où les discussions, les commentaires, les allégations, les cris du cœur, les avertissements, les menaces, les déclarations d’amour au Christ de Mel Gibson… n’en finissent pas de remplir les pages de tous les médias et des informations télévisées, on nous a reparlé hier de la pédophilie aux Etats-Unis. Est-ce un hasard, une coïncidence, est-ce une volonté de ne rien cacher, face à cette vision d’un public chrétien exalté, de la laideur avérée de certains prêtres ? Je ne sais mais nous avons appris que 4 392 prêtres catholiques sont accusés d’agression sexuelle sur mineurs, selon une étude nationale réalisée par le John Jay College of Criminal Justice à New York, publiée vendredi 27 février. Près de 11 000 enfants auraient été victimes de leurs attouchements entre 1950 et 2002. Les évêques ont tenté de cacher cela pendant des années mais certains d’entre eux semblent vouloir aujourd’hui témoigner : Jeudi 26 février, l’archevêque de Boston, Monseigneur Sean O’Malley, a révélé que 162 de ses religieux avaient été accusés d’agression sexuelle sur 815 enfants depuis 1950. Sept d’entre eux seraient responsables à eux seuls des abus sexuels subis par plus de la moitié des victimes. L’archidiocèse de Boston a dû verser 97, 12 millions d’euros à titre de compensation à des victimes d’abus sexuels. Monseigneur O’Malley a succédé au Cardinal Bernard Law, obligé de démissionner en décembre 2002 après avoir été accusé d’avoir couvert systématiquement le scandale des prêtres pédophiles et de s’être contenté de muter ces prêtres de paroisse en paroisse. Ceci dit, il semble qu’on n’ait révélé jusqu’ici aucun nom de prêtre au public. Je sais bien que les évangélistes et les chrétiens traditionalistes rétorqueront que toutes ces fautes sont imputables aux prêtres qui relèvent du Vatican et que les leurs sont infaillibles. Oui, mais…
Le 2 Mars Les jours se suivent et les atrocités de toutes sortes se succèdent à la vitesse de la lumière. Qu’avons-nous aujourd’hui ? - Des explosions meurtrières ont résonné à Bagdad et à Kerbala alors même que l’Achoura bat son plein. Devrai-je répéter, mais c’est notre triste sort d’être itératifs, que Kerbala est la ville sainte chiite où se trouve le mausolée de l’Imam Hussein, fils d’Ali, petit-fils de Mohamed, tué à la bataille de Kerbala par les troupes Omeyyades. J’ai connu l’Achoura en Iran à l’époque du Shah, une preuve qu’il n’avait pas la possibilité de mettre un frein à de telles cérémonies. Pour commémorer la mort de leur saint Imam, les hommes se flagellaient en criant : « Hussein, Hussein. » Si l’on considère que cette Achoura de dix jours est la première qu’on célèbre en Iraq depuis le départ de Sadam Hussein, on peut imaginer la passion qui l’anime. Chez les Sunnites, l’Achoura dure deux jours, c’est… c’était en tout cas une fête joyeuse, une sorte de carnaval, et le second jour les enfants se jetaient de l’eau plein la figure. En arabe, on appelle ça « zemzem » en souvenir de la fontaine où Agar est censée s’être abreuvée après avoir été renvoyée de chez Abraham sur la demande de Sarah. - Aristide dit avoir quitté Haïti contre son gré. Les Américains démentent. Il
est arrivé hier matin à Bangui, où il a été accueilli à titre « purement
humanitaire », selon les
autorités centrafricaines, et peut-être provisoirement. A son arrivée, il a
paraphrasé Toussaint Louverture, héros de l’indépendance haïtienne : « En
me renversant, on a abattu le tronc de l’arbre de la liberté. »
Sa destination finale pourrait être l’Afrique du Sud. Jusqu’au dernier
moment, il a maintenu d’excellentes relations avec son homologue sud-africain,
Thabo Mbeki, seul chef d’Etat étranger à avoir assisté, le 1er janvier, aux
cérémonies du bicentenaire de l’indépendance d'Haïti. Dimanche, la
ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma, avait
d’ailleurs soutenu Aristide, déclarant : « La
communauté internationale ne doit pas permettre à des ‘rebelles’ dont de
nombreux dirigeants sont des criminels notoires responsables de graves
violations des droits de l’homme, de déterminer l’avenir d’Haïti. » - Marc Dutroux s’est endormi derrière sa vitre blindée. A l’ouverture de son procès, il a dit qu’il ne constituait qu’un rouage d’un réseau belge de pédophilie. Parmi ces nouvelles alarmantes, deux nous apportent un peu de réconfort : - Ariane 5 a lancé la sonde d’exploration Rosetta de l’Agence spatiale Européenne malgré le mauvais temps et le brouillard qui voilait le ciel de Kourou. - « Les Triplettes de Belleville », le film d’animation franco-canadien de Sylvain Chomet qui avait reçu deux Academy Awards pour le meilleur film d’animation et la meilleure chanson, était nominé aux Oscars. Si les Américains lui ont préféré « Le Monde de Némo », la sélection musicale a été clôturée par la chanson du film français composée par Benoît Charest et Sylvain Chomet. Le 3 Mars Nous avons plus d’informations
sur les derniers attentats en Iraq. C’est terrible : Ils ont fait au
moins 170 morts mardi à Bagdad et à Kerbala. C’est la journée la plus
sanglante qu’ait connu l’Irak depuis la chute de Saddam Hussein. Des
dirigeants de la majorité chiite iraqienne ont déclaré que ces opérations-suicides
quasi simultanées visaient à déclencher une guerre civile. Le Conseil intérimaire
de gouvernement (CIG) les a imputées au Jordanien Abou Moussab Zarkaoui que
Washington soupçonne de travailler pour Al Qaïda et de chercher à susciter le
chaos en Iraq. Selon l’armée américaine, trois kamikazes ont tué 58
personnes à Bagdad aux abords de la mosquée de Kadhimia tandis qu’un quatrième
perpétrait un autre massacre à Kerbala, à 110 km au sud de la capitale, où
ont aussi été utilisés des mortiers et des explosifs dissimulés. Ahmed al-Safi, un dignitaire
chiite, a fait état de 112 morts dans la ville sainte. Plus de 400 blessés ont
en outre été recensés dans les deux villes. Ces actes meurtriers ont été
condamnés par les pays occidentaux et nombre de dirigeants musulmans. Abdelaziz Hakim, membre du CIG et président du Conseil suprême de la
révolution islamique en Iraq (CSRII), l’une des principales formations
politiques chiites, a par ailleurs indiqué que les milices du mouvement avaient
déjoué un attentat similaire à Nadjaf, autre lieu saint de l’islam chiite.
« Des roquettes et des mortiers ont en outre été découverts à bord de
plusieurs voitures à Kerbala », a-t-il ajouté. D’autres membres du CIG
ont attribué les attentats à Zarkaoui, dont les Etats-Unis ont mis la tête à
prix. Les Américains avaient indiqué en janvier avoir intercepté un document
informatique contenant une lettre de Zarkaoui qui encourageait les attentats
suicide contre les chiites pour envenimer l’atmosphère en Iraq. « Il s’agit d’un acte
de terrorisme tragiquement bien organisé », a déclaré devant la presse
le général Mark Kimmitt, numéro deux de l’armée américaine en Iraq. Il a
dit qu’un homme bardé d’explosifs avait été arrêté près de la mosquée
de Bagdad et que plusieurs personnes avaient été appréhendées à Kerbala.
« Dans les deux cas, ils sont entre les mains de la police irakienne et
nous comptons sur elle pour nous fournir rapidement des informations sur leur
nationalité et peut-être leurs motivations », a ajouté le général
Kimmitt. Lors d’un autre incident survenu à Bagdad, des inconnus ont lancé
une bombe sur un véhicule de l’armée américaine, tuant un soldat américain
et blessant un autre grièvement, ce qui porte à 379 le nombre de soldats des
Etats-Unis tués en mission depuis le début de la guerre en mars dernier. A
Quetta, dans le sud-ouest du Pakistan, des extrémistes sunnites présumés ont
attaqué une procession de chiites qui célébraient l’Achoura comme leurs
coreligionnaires iraqiens, faisant au moins 44 morts et 150 blessés selon des médecins.
Ne sachant trop contre qui se retourner, des survivants des attentats de Bagdad ont lancé des pierres sur des soldats américains arrivés sur place. A Kerbala, des chiites furieux s’en sont pris à des pèlerins iraniens. A Téhéran, le vice-ministre iranien de l’Intérieur Ali Asghar a annoncé qu’au moins 22 pèlerins chiites iraniens figuraient parmi les morts identifiés à Kerbala. L’ayatollah Ali Sistani, chef spirituel des chiites iraqiens, a lancé un appel à l’unité nationale après les attentats. Il a aussi reproché aux Etats-Unis de ne pas empêcher les infiltrations aux frontières du pays. « Les terroristes veulent provoquer des violences interconfessionnelles parce qu'ils pensent que c’est l’unique moyen d’enrayer la marche de l’Iraq vers la démocratie », a quant à lui déclaré Paul Bremer, l’administrateur américain en Iraq. Si je me suis étendue aussi longuement sur ces nouvelles, c’est qu’elles me poussent une nouvelle fois à m’interroger sur ce qui apparaît comme le manque absolu de connaissances du gouvernement américain face aux problèmes religieux et ethniques du Moyen Orient après avoir combattu en Afghanistan et deux fois en Iraq. Je suis sûre, et je l’ai toujours pensé, que nombres d’intellectuels américains sont aussi versés que d’autres sur ces problèmes mais il semble qu’ils n’aient pas été consultés surtout en ce qui concerne la puissante majorité chiite soutenue par sa voisine iranienne. Je ne veux pas mettre en cause l’intelligence du GI de l’Amérique profonde - je suppose qu’elle n’est pas moindre que celle d’un soldat français de la France profonde - mais je le plains d’avoir à constater, à être visé sans comprendre et sans avoir été « briefé » longuement avant de partir en guerre. Quand je réalise qu’une spécialiste de la fiction française, finaliste de surcroît ( !) n’a pas su répondre hier soir dans une émission de la 1 que « la libération du cycle des réincarnations dans la religion bouddhiste » était le nirvana… je peux accepter sans les condamner pour autant que les soldats américains ne soient pas au fait des confrontations religieuses ou ethniques au Moyen Orient.
Le 9 Mars J’ai reçu de mon amie Anita l’article suivant écrit par Michel Fingerhut, Directeur de la bibliothèque Ircam - Centre Pompidou : Le journal Le Monde (et d’autres avant, en anglais) reporte l’injonction du ministère des finances américain aux éditeurs selon laquelle « toute édition de contenus provenant des pays sous embargo américain (Soudan, Libye, Iran, Cuba, Corée du Nord) devait être soumise à une autorisation préalable de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), la division chargée de veiller à la stricte application des sanctions commerciales. » Si certains éditeurs - L’American Institute of Physics, l’American Physical Society et l’American Association for the Advancement of Science (AAAS) qui édite la revue Science - refusent de s’y plier, en invoquant le premier amendement de la constitution américaine, d’autres, notamment l’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers), société savante importante, ont accepté ces directives. Celles-ci sont dans la lignée de la politisation à outrance de la recherche par l’administration actuelle aux Etats Unis, et notamment depuis le 11/9/2001. Cette politique ne touche donc
pas que les chercheurs américaine - la Ce n’est pas nouveau, cet
embargo. Il y a plusieurs années qu’en Californie par exemple, les livres de
nombreux pays sont interdits dans les écoles publiques. Ceci dit, si les Américains
ne veulent plus de nos fromages (depuis bien longtemps) et de notre fois gras,
ils feront exception pour nos chercheurs qu’ils accueilleront avec joie. J'ai
peur de la journée qui va sans doute voir la démission des chercheurs de leurs
postes administratifs. C’est une des morts de la France qui se prépare. Nous
ne valons pas mieux que les Etats-Unis et quand je dis nous, c'est parce que
nous somme tous impliqués - gouvernement y compris - dans cette déchéance. Mon ami Jacques m’a téléphoné hier pour me demander, suite à mes Mots…dits sur « les passions extrêmes », d’aller voir le film de Mel Gibson à sa sortie en France. Je lui ai dit que ce n'était pas le Christ qui m’importait mais la violence que je ne supporte pas sur l’écran comme dans la vie. Par contre, je n'avais pas vu « Huit Femmes » et, dimanche soir, je me suis régalée. J’ai trouvé que toutes les interprètes étaient splendides et que les chansons entraient comme par magie dans l’enchaînement. J’ai aussi aimé « Marie Bonaparte » et « Sissi » hier soir, films comparables en ce que les héroïnes se confient à un psychanalyste qui est véritablement à leur écoute. L’amour de l’impératrice pour la Hongrie est bien mieux évoqué et pour des raisons beaucoup plus essentielles que dans les Sissi d'autrefois où Romy Schneider n’était encore qu’une très jeune fille qui se réjouissait de jouer dans de jolis films. Le 12 Mars Je ne veux pas commenter les terribles évènements qui ont frappé les Espagnols car les médias sont mieux placés que moi pour le faire. J’aimerais seulement dire la peine que j’éprouve une fois de plus pour les victimes, les familles endeuillées, mon horreur des assassins, quels qu’ils soient, qui perpètrent de tels crimes. Le 30 Mars Les évènements et les hommes qui les provoquent me paraissent chaque jour un peu plus étrangers ou en tout cas difficiles à comprendre. Le fait que les Espagnols aient dans leur grande majorité voulu sanctionner les « contre-vérités » d’Aznar en votant socialiste m’est apparu d’une grande sagesse car ils ne s’opposaient pas seulement à l’homme d’un point de vue politique, ils le jugeaient simplement, humainement, pour ce qu’il avait dit, pour ce qu’il avait caché, pour l’influence qu’il avait voulu exercer sur les médias en maintenant le mensonge sur la responsabilité de l’ETA jusqu’à ce qu’il soit acculé à dire la vérité quant à la participation d’Al Qaida ou de terroristes à sa solde dans la terrible affaire d’Atocha. Ils avaient été majoritaires face à l’indigence du gouvernement Aznar dans le traitement de la marée noire qui envahit les côtes espagnoles en décembre 2002.[4] Bien sûr, ils avaient été majoritaires de la même façon quand ils avaient manifesté contre la décision gouvernementale de rejoindre la coalition et l’envoi d’un contingent espagnol en Iraq mais ils avaient entériné le fait à contre-cœur parce qu’ils considéraient qu’un homme conservateur comme l’était leur premier ministre ne pouvait qu’être en accord avec les idées d’hommes aussi conservateurs que lui, en l’occurrence Bush et Berlusconi. Ils savaient toutefois qu’ils devraient attendre jusqu’aux prochaines législatives pour exprimer leurs réactions, positives ou négatives. On peut dire qu’ils ont eu de la chance que les législatives aient lieu quelques jours après la dernière catastrophe et les déclarations du Premier Ministre. Il n’empêche qu’ils ont à maintes reprises agi en citoyens adultes, conscients de leurs responsabilités et ont désavoué Monsieur Aznar quand ils ont estimé que leur vote était utile à l’ensemble de l’Etat et sans tenir compte des progrès économiques accomplis durant la période même où se sont produits les évènements que je viens d’énumérer. Je crois que les Français ne raisonnent pas de la même façon. Je regrette profondément que la vague socialiste qui a déferlé dimanche sur la France Régionale n’ait pas eu un précédent valable fourni par les élections législatives qui ont succédé à la reconduite de Monsieur Chirac au poste suprême : elles arrivaient à point pour montrer au Président que la majorité de nos concitoyens l’avaient élu non pour l’excellence de sa direction mais pour éviter le pire, l’arrivée du Front National au pouvoir. Comment ont-ils pu croire un seul instant que l’homme tel que nous le connaissons et le « pratiquons » depuis bien des années ait eu l’intention d’être fair-play avec l’ensemble de ses électeurs ? Ils ont pourtant constaté que le soir même de sa réélection, le Président s’est rendu auprès des siens, oubliant à peine remis de ses émotions la majorité des électeurs qui avaient évité un séisme extrémiste, oubliant les paroles qu’il avait prononcées entre les deux tours de l’élection présidentielle : A un électeur de gauche, je lui dis que je le respecte et que je le comprends mais qu’aujourd’hui, il s’agit de défendre le socle commun de nos valeurs républicaines. Et je lui demande d’aller jusqu’au bout de ses convictions en faisant barrage à l’extrême droite, ajoutant : face aux difficultés, il n’y a pas une France de droite, une France de gauche, une France d’ailleurs : il y a la France simplement. Les solutions qu'offrent l'extrême droite sont politiquement et humainement très dangereuses, économiquement et socialement désastreuses. Les Français ont semble-t-il cru dans les paroles du chef de l’Etat et pour éviter, dirent-ils, que l’on ne se retrouve avec un exécutif de droite et un parlement de gauche, pour éviter la « coexistence », ont élu une chambre majoritairement conservatrice, donnant ainsi tous les pouvoirs non seulement à l’exécutif mais au législatif dans son ensemble puisqu’on assistait pour la première fois depuis de nombreuses années à l’émergence de deux chambres de droite, Assemblée Nationale et Sénat. Seulement, nos concitoyens ont très vite tourné casaque : tout d’abord, ils ont bien sûr été mis en demeure d’être « sécurisés » à tout prix par un Ministre de l’Intérieur inébranlable. Ils ont fait connaissance avec les fameux radars qui distribuaient les contraventions à toute « berzingue ». Les conducteurs dont je suis n’apprécient pas forcément une telle contrainte. Et puis j’ai personnellement constaté tous les jours et le constate encore les infractions des motards qui continuent à slalomer à toute vitesse autour des voitures, profitant d’une concession qui leur est faite et non d’un droit qui leur est octroyé. Ils ont d’ailleurs manifesté pour que soient respectés leurs droits, oubliant que nous avons aussi peur d’eux qu’ils ont peur de nous ! Monsieur Sarcozy s’est également attaqué aux droits des personnes qui exercent le plus vieux métier du monde. Je n’ai d’ailleurs jamais compris la différence entre l’activité et la passivité de ces dames. Je sais seulement que la traite des très jeunes filles en provenance de l’est continue et que les voitures qui jalonnent les bas-côté de l’Avenue Foch quand je sors de mon club de scrabble sont toujours aussi nombreuses. Les conductrices de ces véhicules sont-elles passives ou agressives, je ne sais, passives peut-être parce qu’elles attendent leurs clients sagement assises au volant de leur véhicule ? Il est certain que la situation des jeunes filles sur les boulevards extérieurs est certainement différente, socialement et matériellement. L’été à peine entamé nous avons assisté à un nombre de manifestations dont certaines comme celles des intermittents du spectacle ont déstabilisé tous les festivals de l’été 2003 et dont les autres ont voulu montrer qu’aucune des réformes entreprises par le gouvernement n’étaient comprises et acceptées : menées par l’ensemble des travailleurs, elles ont touché toutes les classes sociales, des humbles qui touchent à peine de quoi vivre décemment aux prestigieux chercheurs qui, eux, n’ont pas mené un combat personnel mais ont réclamé plus de subsides pour maintenir l’état de nos recherches au niveau international et une meilleure opportunité pour les jeunes chercheurs afin qu’ils ne soient pas tentés de rechercher ailleurs et surtout aux Etats-Unis des postes et des salaires en symbiose avec leurs connaissances et leurs longues années d’étude. Nous avons eu droit à des scènes impensables, entre autres une bataille rangée entre pompiers et forces de l’ordre, deux organismes qui relèvent - je le croyais en tout cas - de cette exigence de sécurité voulue par le gouvernement et qui ne paraît pas non plus fonctionner pour le plus grand bienfait de tous. Il faut ajouter qu’à toutes ces manifestations de l’été s’est ajouté la terrible canicule qui a montré la carence des moyens hospitaliers publics et privés en matériel indispensable tel que la climatisation par exemple si nécessaire aux personnes âgées atteintes plus que les autres par la déshydratation et l’immobilisme du ministère de la santé publique face à une telle situation. Pour en revenir aux manifestations auxquelles médecins, infirmières et tout le personnel hospitalier ont participé à temps plein, manifestations qui bien sûr n’ont pas cessé et que je ne saurais nommer dans leur ensemble tellement elles ont touché de secteurs se sont ajoutées les réactions politiques et religieuses à la loi sur la laïcité. J’avoue que mon étonnement face à la détermination d’un gouvernement de droite à été complet. Purs et durs, inébranlables l’exécutif comme le législatif ! Il est bien connu que la gauche a toujours été considérée comme laïque et anticléricale et la droite comme attachée à des valeurs judéo-chrétiennes. Pour quelles raisons alors a-t-on dû légiférer sur une chose qui pour les uns allait de soi et pour les autres étaient souvent contraires à leurs pensées intimes ? Dans le contexte actuel qui, en vérité, remonte à un passé plus lointain que le 11 Septembre 2002, il était évident que le gouvernement se verrait confronté à des manifestations sur le port du voile beaucoup plus catégoriques et plus aptes à faire émerger un communautarisme islamique dont nos concitoyens n’avaient peut-être pas idée. Tariq Ramadan est apparu sur tous les écrans, un homme que personne en France en dehors des intellectuels qu’il avait mis en causes sur le web et des jeunes gens de la région lyonnaise sur lesquels il exerçait une influence certaine depuis la Suisse ne connaissait véritablement l’homme. Il a exprimé sans réserve ses vues négationnistes qui depuis ont fait leur chemin puisque dans l’une des nombreuses manifestations sur le port du voile est apparu Mohamed Latrèche, un leader islamiste qui jusqu’alors ne sévissait qu’à Marseille et que de nombreux musulmans désapprouvaient d’ailleurs. C’est lui qui a organisé la plus importante manifestation parisienne. Il faut bien revenir maintenant au présent : le Président de la République ne s’est pas adressé aux Français après le vote de dimanche 28 Avril qui a vu cette déferlante de gauche s’emparer de vingt et une régions sur les vingt deux que compte notre pays. Seule l’Alsace a fait partition et la Corse dont j’ai appris voici quelques minutes que les socialistes majoritaires renonçaient à leur siège en faveur des tenants de la majorité sortante. Aucun des ministres en fonction qui se présentait comme président de région n’a été élu. Le Premier Ministre lui-même a été remplacé dans le Poitou-Charente par Madame Ségolène Royale. Nous avons tous cru que le Président de la République tiendrait compte de cet avertissement des électeurs, surtout quand il a décidé de reculer de deux jours son départ en Russie. Il n’en a rien été. Monsieur Raffarin est bien allé lui remettre sa démission mais rien n’y a fait : il a été reconduit dans ses fonctions de Premier Ministre. Le 31 Mars Nous avons appris à 19h15 le nom des nouveaux ministres dont je connais certains et pas du tout les autres. Je note simplement que Monsieur Sarkozy a quitté le Ministère de l’Intérieur pour aller aux Finances à Bercy. Quelqu’un a murmuré : « après avoir amassé l’argent récolté par ses radars, il va maintenant le dépenser aux Finances. » Ah ! Qu’en termes simples ces choses-là sont dites. Je ne pense pas qu’un changement de politique survienne avant les prochaines élections européennes mais je crains que nous ayons comme l’année dernière un été bien chaud. Alors, que faire d’autre à notre humble niveau sinon attendre et voir. Le 15 avril Depuis ma dernière apparition sur ces pages, je voudrais pouvoir dire que cette petite étoile d’espérance que nous voudrions un jour voir briller est apparue dans notre ciel assombri… mais non, ce sont toujours les mêmes nouvelles attristantes qui nous accueillent chaque matin au réveil : La situation semble de plus en plus grave en Iraq où il sera curieux de voir les sunnites rejoindre les chiites dans leur refus de l’occupant américain. Quelqu’un a rappelé justement que ce n’est pas la première fois qu’un tel fait se produit puisque les deux communautés l’ont fait en 1920 quand, malgré les protestations des autres Etats, la SDN (Société des Nations) a accordé à la Grande-Bretagne le mandat sur l’Iraq comme elle l’a fait d’ailleurs sur la Jordanie et la Palestine. Je voudrais citer ici une intéressante étude de Charles Tripp, Professeur à l’Ecole des Etudes Africaines à l’Université de Londres, auteur d’une « Histoire de l’Iraq » (Cambridge University Press, 2001) : Leçons d’une histoire
coloniale oubliée A Bagdad, un régime
autoritaire, appuyé sur les forces armées, tient étroitement le pays et représente
une menace stratégique pour la principale puissance occidentale opérant dans
la région. Une expédition militaire est lancée et, à l’issue d’une
campagne plus difficile et plus coûteuse que prévu, Bagdad sera pris et un
nouvel ordre politique institué sous le contrôle militaire et politique de
l’Occident. Mais, au moment même où il semble que l’avenir de l’Irak
soit en train de s’écrire à l’étranger, une révolte éclate parmi les
officiers de l’armée, dans les rues de Bagdad et dans toutes les régions
chiites du Centre et du Sud. Et voilà que toute l’entreprise risque d’échouer. Le soulèvement finira par être
écrasé, mais à un coût tel que l’armée d’occupation ainsi que ses
responsables vont réviser radicalement leurs idées. A la place de la vision
grandiose des débuts de l’occupation, un projet plus modeste et moins coûteux
commence à prendre forme : reconnaître la hiérarchie sociopolitique
existant en Irak et remettre l’Etat, sous surveillance occidentale, entre les
mains des élites de l’ancien régime. Ce récit n’est pas une
anticipation des douze prochains mois. C’est la stricte narration d’événements
qui se sont déroulés, il y a plus de quatre-vingts ans, lorsque la
Grande-Bretagne, ayant conquis les trois provinces ottomanes de Bassorah, Bagdad
et Mossoul, en a fait un nouvel Etat : l’Irak. Qu’il y ait là des échos
du présent et d’un futur possible est moins la conséquence de quelque
essence irréductible de l’histoire irakienne que de la logique du pouvoir impérial.
Si la guerre a lieu, les Etats-Unis pourraient bien avoir à choisir entre les mêmes
options que celles auxquelles les Britanniques furent confrontés entre 1914 et
1921. Il convient de réfléchir à ces options pour dégager éventuellement
une logique commune entre deux tentatives de « reconstruction de l’Etat »
par deux puissances impériales. Cela pourrait aider à comprendre ce que sera
un nouvel Irak sous occupation américaine. Lorsque les Britanniques
envahissent la Mésopotamie, en 1914, ils n’ont pas l’intention d’y créer
un Etat. Leur souci immédiat est de protéger leurs positions dans le Golfe.
Mais le succès de leurs opérations militaires leur inspire des ambitions plus
vastes, de sorte que, dès 1918, leur occupation s’étend sur tous les
territoires formant aujourd’hui l’Irak. Partout, une administration est établie
sur le modèle des Indes britanniques, où beaucoup de ces officiers et
fonctionnaires ont fait carrière. Ce sera un mélange d’administration
directe et indirecte. Tout est géré depuis les
ministères de Bagdad, au personnel entièrement britannique, mais, en province,
les officiers politiques comptent sur les dirigeants locaux pour maintenir
l’ordre et collecter les revenus. Sont exclues de cet arrangement les élites
administratives et militaires de l’ancien Empire ottoman, en majorité des
Arabes sunnites ou des Turcs arabisés. Une forme caractéristique de l’impérialisme
britannique commence à émerger, centrée sur Bagdad mais pénétrant peu à
peu dans toutes les strates de la société, donnant l’impression de
consolider les intérêts britanniques. Cependant, avec la fin de la
guerre, en 1918, des voix s’élèvent par-ci par-là dans l’appareil d’Etat
britannique pour remettre en question la définition même de ces intérêts.
Alors que les uns s’accrochent à un impérialisme pur et dur, d’autres
estiment que le recours à des « micro-technologies du pouvoir »,
destinées à faire entrer une société « arriérée » dans le
moule du nouvel ordre administratif, fait partie intégrante de la mission impériale
de Londres. Une vision, influencée à la fois par des doutes quant à la
moralité de ce projet impérial et par des considérations pratiques de
ressources et d’obligations, préconise un engagement moindre. La
Grande-Bretagne, affirme-t-on de ce côté, n’a que deux exigences
fondamentales envers quelque gouvernement que ce soit en Mésopotamie :
qu’il soit compétent et qu’il respecte les besoins stratégiques
britanniques. C’est ce dernier point de vue qui prévaudra et qui conduira à
la création de l’Etat d’Irak (1). Ce sont les événements en
Irak même, autant que l’évolution en Angleterre et dans le reste du monde,
qui vont déterminer cette conclusion. En 1920, le nouveau principe d’autodétermination
des peuples donne naissance aux « mandats » accordés par la Société
des nations - territoires pris aux empires centraux défaits et qui devaient être
conduits en douceur à l’indépendance par l’un ou l’autre des Alliés
victorieux. C’est une formule défendue par des membres du gouvernement
britannique soucieux de conserver l’influence de leur pays dans le monde, mais
au moindre coût, militaire et financier. Etant donné la volatilité de
l’opinion anglaise en 1919-1920 pour tout ce qui touche à l’orientation des
dépenses publiques, et aussi les inquiétudes gouvernementales sur les coûts
de l’Empire, cette solution semble idéale. Parmi les Irakiens eux-mêmes,
beaucoup sont hostiles au mandat, n’y voyant qu’une couverture pour l’impérialisme
britannique. Par contraste, bon nombre de serviteurs britanniques de l’Empire
sur place y voient une grave abdication de responsabilité. La confrontation
entre ces deux points de vue conduira à la révolte irakienne de 1920. Allumée
à Bagdad par des manifestations de masse, où sunnites et chiites se côtoient,
et par les agissements d’anciens officiers ottomans aigris, elle gagne en
puissance lorsqu’elle s’étend au Moyen et Bas Euphrate, régions
majoritairement chiites. Les guerriers bien armés des tribus, furieux des ingérences
du gouvernement central et hostiles au règne des « infidèles »,
prennent le contrôle de tout le sud du pays. Il faudra plusieurs mois aux
Britanniques pour mater la révolte et pour rétablir l’autorité de Bagdad,
et il leur en coûtera, ainsi qu’aux Indiens et aux Irakiens, des milliers de
morts (3).
Une approche minimaliste Cette révolte de 1920 aura deux conséquences
décisives. Désormais, les Britanniques sont convaincus que vouloir gouverner
l’Irak directement leur coûterait trop cher, et que toutes affaires cessantes
il faut mettre sur pied un gouvernement local plein et entier, avec une armée
et tous les services administratifs. Or, il est presque inévitable que,
cherchant des cadres pour le nouvel Etat, les Britanniques les trouvent parmi
les élites administratives et militaires de l’Empire ottoman, écartées au
cours de la guerre. En elles, ils voient des hommes rompus à la gestion d’un
Etat moderne et dotés d’un sens des réalités à même d’apprécier à sa
juste valeur le rôle de la Grande-Bretagne dans leur accession au pouvoir,
aussi bien que dans l’affirmation de l’identité irakienne dans la région.
Par contraste, les leaders de la majorité chiite et de l’importante minorité
kurde sont perçus comme des rebelles en puissance et trop encombrés de
traditions tribales et religieuses pour pouvoir gérer un Etat moderne.
Ce sont ces
considérations qui vont guider la politique de Londres. L’émir Fayçal, fils
du chérif Hussein de La Mecque qui a conduit la révolte arabe contre
l’empire ottoman durant la première guerre mondiale, sera placé sur le trône,
appuyé principalement par les anciens fonctionnaires et officiers ottomans,
sunnites arabes pour la plupart. Ceux-ci prendront la relève des fonctionnaires
britanniques dans les administrations, ceux-là formeront le noyau du nouveau
corps d’officiers. Bien entendu, l’influence britannique se perpétue grâce
à des conseillers dans les ministères, à deux importantes bases de la Royal
Air Force et à de multiples autres liens qui continueront de maintenir l’« empire
informel » de Sa Majesté, même après l’indépendance octroyée à
l’Irak en 1932. S’agissant de
sauvegarder les intérêts stratégiques de la Grande-Bretagne, les défenseurs
d’une approche minimaliste ou indirecte de l’Irak semblaient avoir eu
raison. Mais ils avaient également posé les bases d’une forme particulière
d’Etat particulier, qui portera l’empreinte de la nouvelle classe
dirigeante, autoritaire et imbue de préjugés envers les diverses communautés
composant la majorité de la population. Ce retour sur
l’histoire est important, car le régime du président Saddam Hussein est
l’héritier direct de ces structures de gouvernement. Et les Etats-Unis,
s’ils cherchent à organiser l’avenir de l’Irak, seront exposés à la même
tentation que les Britanniques en 1920. Après l’invasion et le renversement
militaire du régime, ils auront une décision à prendre. Ils pourront essayer
d’imprimer des changements fondamentaux au mode de gouvernement - et y
consacrer le temps et les ressources nécessaires. Ou alors, ils pourront mettre
en place une administration qui satisfera à leurs principaux desiderata -
respect des intérêts stratégiques américains et maintien de l’ordre - et
permettra ainsi le retrait rapide de leurs forces. Cela aboutirait à
sanctionner aussi bien les structures de pouvoir existant que la trajectoire
historique ayant donné naissance au régime actuel. Confrontée à la
probable résistance irakienne à un projet de « reconstruction de l’Etat »
et aux risques pour la vie de ses soldats, il est vraisemblable que
l’administration du président George W. Bush - poussée par l’électorat américain
- opte en faveur d’un désengagement des affaires internes du pays. Ce choix
entrerait en contradiction avec de récentes déclarations qui, faites à
Washington, affirment que les Etats-Unis ont pour mission de transformer l’Irak
en « phare de la démocratie » au Proche-Orient. Cela provoquerait
aussi le désespoir parmi ces Irakiens qui voient dans Washington la principale
chance d’un changement politique radical. Mais, pour les Etats-Unis, comme
pour la Grande-Bretagne il y a quatre-vingts ans, ce sont sans doute les coûts
et les avantages à court terme qui pèseront le plus dans les décisions, au détriment
des avantages plus lointains d’une transformation fondamentale de la société
irakienne. Le
seul réconfort qui nous soit venu de ce pays est la libération des deux
journalistes français qui avaient été enlevés, l’un durant une journée,
l’autre durant trois jours qui l’ont affaiblis physiquement mais surtout
affectés psychiquement, puis celle des trois otages japonais dont une femme.
Pour assurer l’équilibre, un des quatre Italiens retenus en otage a été exécuté,
triste fin pour un homme dont Berlusconi a fait une apologie sinistre en disant
qu’il était mort en héros et qu’il avait voulu avant sa mort ôté le
bandeau qui l’empêchait de voir. Malgré cette exécution, l’Italie
continuera à œuvrer pour la paix avec la coalition ! Inutile de dire que
je ne peux approuver le « plan de paix » de Sharon et puis le
satisfecit de Bush n’est pas pour me plaire une fois de plus. Le
16 Avril Je corresponds souvent par mail avec une amie belge qui est professeur dans une université américaine et poète. Elle appartient comme moi au site littéraire <ecrits-vains.com> et nous apprécions mutuellement nos contributions. Nous parlons bien sûr des évènements et j’apprécie le regard qu’elle porte sur l’engagement américain dans la Guerre d’Iraq et en général sur la politique des Etats-Unis. Le
4 Mai Parmi
les nouvelles réjouissantes que nous avons eues depuis quelques jours apparaît
la profanation du cimetière juif de Herrlisheim près de Colmar. C’est
la cinquième fois que des néonazis s’attaquent
à ce cimetière de campagne et inscrivent leurs croix gammées vengeresses sur
les cent vingt sept tombes. La police n’a
jamais retrouvé les coupables. Il faut dire que, regardant de près une image,
je n’ai
pas vu de maison de gardien, ce qui rend bien sûr l’escalade
des murs plus qu’aisée
à des hommes jeunes. Le
5 Mai A
toutes ces images insoutenables viennent s’en ajouter de nouvelles. Il est
maintenant question dans tous les médias des outrages infligés à leurs
prisonniers par les GI’s et même par les troupes de sa majesté britannique.
Nous avons pu voir un homme dont la tête était recouverte d’un sac et toutes
les parties du corps reliées à des prises électriques en mauvaise équilibre
sur un carton, nous laissant supposer qu’à la moindre défaillance, le sujet
pourrait être électrocuté. Tous les souvenirs des tortures infligées en Algérie
ont ressurgi et je me demande une fois de plus si les hommes ont encore un brin
de raison ou de cœur. Il est vrai qu’ils ne feraient pas la guerre s’il en
étaient pourvu. D’autres images étaient aussi indignes d’hommes et de
femmes venus de nos démocraties occidentales : des corps nus étaient
entassés sur lesquels on urinait. J’ai fait la guerre en mon temps, j’ai côtoyé
toutes sortes d’individus venus de classe sociales différentes, ayant une
culture différente, un niveau d’éducation différent. Je n’ai jamais
assisté à de telles scènes qui sont une négation de la dignité de la part
de celui qui perpètre de tels actes et de celui auquel il les inflige. Hier,
s’est ajouté un film qui a été pris d’un hélicoptère américain :
sans sommation, les tireurs ont détruit un camion et un quatre-quatre iraqien,
tuant les trois hommes qui les occupaient et qui n’avaient eu vis-à-vis des
Américains aucun geste agressif pouvant signifier qu’ils avaient des
intentions maléfiques. Je ne sais plus, je ne comprends plus mes frères
humains. Que sont-ils allés faire dans cette galère d’Iraq : un
chercheur du CNRS a dit l’autre soir avec juste raison : Les troupes américaines
présentes, c’est la guerre, la barbarie, la révolution. Les troupes américaines
parties, ce sera la jungle. Je n’arrive jamais à oublier que nous parlons
d’un pays à la civilisation plusieurs fois millénaire que les occupations
successives, les politiques dictatoriales, les religions exigeantes ont déstabilisé
à tel point qu’on ne peut entrevoir la possibilité d’une reconstruction
honorable. Le
6 mai Je
ne supporte plus les images que nous renvoie le petit écran. Que nous ayons à
faire à la triste vérité ou à la fiction, j’ai l’impression de ne jamais
plus quitter ce qu’on a aujourd’hui coutume d’appeler la télé réalité.
La 1 et la 6 sont les championnes de ce nouveau genre avec leurs tristes émissions « la
ferme des célébrités » et « les colocataires ». Comment une
personne « normale » peut-elle supporter ces fausses disputes
enregistrées pour les besoins de la cause ? Comment des téléspectateurs
sains d’esprit peuvent-ils commanditer de telles idioties en envoyant des SMS
pour faire part de leur choix ? Qu’est devenue la vie télévisuelle de
ces personnes ? Renvoyer systématiquement ceux qui ne leur plaisent pas et
encenser des antihéros sans même se rendre compte qu’ils sont des gogos que
l’on saigne et que l’on abuse. J’ai donné à l’un de mes Mots…dits,
une chronique que je tiens sur <ecrits-vains.com>, le titre « panem
et circenses. » Je crois que mes contemporains sont encore plus bêtes que
ne l’étaient les gens des arènes car ceux qui admirent la télé réalité
n’ont même pas besoin de pain, ils se contentent de jeux ridicules. Les
fictions elles-mêmes sont de la même essence : hier soir par exemple, un
téléfilm sur la 2 montrait l’arrivée dans un trou perdu de campagne d’une
belle fille dont la présence trouble la vie des trois hommes qui habitent loin
de la ville : un homme d’un cinquantaine d’années joué par Rufus dont
je me suis rappelée avec regrets la splendide prestation dans « La paix
de Saint-Germain », un père veuf d’une quarantaine d’année et un garçon
de douze ans. En fait, je n’assistais à rien d’autre qu’à une réalité
peu exaltante : l’attrait exercé par la fille sur trois mâles en
chaleur ! Il faut véritablement que Télérama soit tombé aussi bas que
les autres hebdomadaires de télé pour admirer de telles sornettes. Il
faut dire que nous avons d’autres émissions pour nous exalter : les
prestations de tous les ministres du gouvernement Raffarin, de Sarkozy à
Douste-Blazy en passant par les illustres inconnus dont je ne veux même pas me
donner le mal de retenir le nom. Nous aurons même droit ce soir au chef du
gouvernement lui-même qui aimerait bien redorer son blason. Nous avons également
du foot sur au moins quatre chaînes et je ne me lasse plus de humer l’encens
qu’on a déversé sur l’admirable match de Monaco à Chelsea. J’ai même
eu droit aux larmes d’un petit Anglais. C’était touchant ! Arte elle-même,
la chaîne de la culture, consacre une semaine à l’histoire de l’OM dont je
me soucie comme d’une guigne. N’oublions pas le procès des pédophiles, des
serial killers, les promesses qu’on fait aux vieilles personnes en ce qui
concerne la canicule… Je suis sûre que j’en passe et des meilleurs !
J’oublie dans mon énumération les auteurs à succès qui tirent à des
millions d’exemplaires et dont je ne connais même pas le nom : hier, une
adolescente de quatorze ans, habillée gothique, est venue parler de son livre
« Dieu est une femme » : Elle était d’une telle agressivité
qu’elle en devenait insupportable mais son père étant député, je ne doute
pas qu’un éditeur ait immédiatement flairé la bonne affaire. L’autre
invité à cette émission de Canal+ était Jean-Jacques Grangé qui semble être
adoré de tous ses lecteurs. Je sais que des films excellents comme « Les
Rivières Pourpres » sont tirés de chacun de ses livres mais je n’avais
jamais entendu parler de lui. J’ai honte car j’ai beaucoup lu et je me
disais l’autre jour que mes bibliothèques ne suffisaient plus à contenir
tous les ouvrages que j’ai dévorés dans ma vie et qui ont été une grande
source de joie. Il semble que là j’aie raté de bons polars. Il faudra me défaire
de cette idée préconçue que seuls les thrillers anglo-saxons peuvent me
satisfaire. Alors,
me direz-vous : puisque la télévision n’est plus votre tasse de thé,
ne la regardez pas. Lisez, sortez, allez au théâtre, au cinéma, dans les musées…
Il y a tant de belles choses à voir et à entendre. Bien sûr, mais j’ai tant
bourlingué de par le monde, j’ai écouté tant de merveilleux concerts dans
toutes les villes que j’ai traversées, j’ai visité tant de galeries qu’à
mon âge certain (je suis une octogénaire),
je croyais pouvoir enfin faire venir le monde à moi par le biais des chaînes
multiples que m’offre le câble. Mais le monde est laid, les hommes tuent ou
laissent mourir les pauvres du Sida et de toutes les maladies génétiques
possibles. Rien, je le suppose, ne peut plus me distraire de cette détresse qui
m’envahit chaque jour un peu plus et me fait mal augurer de mes dernières années.
Ma vie a commencé avec le nazisme, elle s’achève avec de nouvelles guerres
de religion… Que puis-je faire d’autre que de constater amèrement les échecs
de notre civilisation
Le
7 mai J’ai
reçu ce matin un mail d’une jeune femme qui fait un mémoire sur la littérature
en matière de télévision et m’a demandé de répondre au questionnaire
ci-dessous :
Bon jour Je
dois dans le cadre de mon cursus, réaliser mon mémoire de fin d’études.
J’ai choisi d’aborder la place du livre à la télévision, à savoir s’il
existe un langage télévisuel au service de la littérature. En parcourant les
sites Internet, je suis tombée sur votre article « Au temps de Droit de réponse
et d'Apostrophes. » Je dois vous avouer que je l’ai trouvé très
pertinent ! Je souhaiterai vraiment avoir votre avis sur certains points.
Votre aide me serait des plus utiles, j’en suis certaine ! Voici ci-joint
mon questionnaire... si vous pouviez y accorder quelque attention. Merci
Thème du mémoire « Existe-t-il
un langage télévisuel au service de la littérature ? » 1)
Une émission littéraire a pour but de mettre en valeur un livre, quel est pour
vous le meilleur moyen : faut-il s'attarder sur l’auteur ? le critique littéraire
? ou le livre ? -
Etant moi-même chargée par certains auteurs tels qu’André Chouraqui
d’analyser leurs livres, je dois dire que je m'intéresse plus au livre et à
son auteur qu’aux critiques. Je découvre l’auteur à travers ce qu’il écrit.
Ce qui m’intéresse dans la critique, la mienne en tout cas, c’est qu’elle
donne envie de lire l’ouvrage en question et qu’elle ne soit ni une
entreprise d’encensement, ni une entreprise de destruction mais un regard
objectif sur l’ouvrage.
-
Peut-être qu’à l’heure actuelle, il est bon d’être télégénique,
c’est une question de mode. Je crois cependant qu’un auteur qui ne présente
pas tous les critères de la télégénie mais qui sait parler avec chaleur de
son ouvrage, en marquer les points les plus importants, saura établir un
contact avec ses lecteurs potentiels. 3)
Pensez-vous qu’il soit possible d’aborder le livre sans parler de son auteur
? -
Je ne le crois pas sauf dans le cas où l’auteur aurait lui-même fait cette
recommandation. Comment lire le livre, l’acheter dans une librairie, si on ne
connaît pas le nom de l’auteur?
4)
Quelle est pour vous la place que doit avoir le présentateur dans une émission
littéraire ? -
Il a pris, pour ma part, une placer bien trop grande. C'est la raison pour
laquelle Guillaume Durand ne remplacera jamais Bernard Pivot. Le présentateur
doit présenter succinctement le livre, l’auteur, puis laisser à celui-ci le
loisir de s'exprimer. 5)
Etes- vous pour plus de visibilité du livre sur les chaînes publiques ? Si oui
cela doit-il se faire via des publicités télévisées sur des livres ou des émissions
littéraires ?
- Je ne pense pas que la publicité télévisée
soit envisageable. Qui la paierait ? L'auteur, la chaîne? La meilleure publicité
serait que les émissions littéraires passent à des heures plus acceptables
qu’en fin de soirée après toutes les terribles émissions de télé réalité
dont on nous abreuve. J’aime regarder « Le Bateau livre » le
dimanche matin sur la 5.
6)
Pensez-vous que la publicité télévisée soit un bon moyen pour promouvoir un
livre ? Pourquoi ? -
Je crois que vous venez de poser la question pour la deuxième fois et je viens
d’y répondre. 7)
Croyez-vous que les chaînes thématiques câblées seraient susceptibles de
devenir un langage télévisuel de prédilection au service de la littérature ? -
Il est évident qu’il y a des chaînes câblées d’Histoire, de musique
classique (Mezzo), de culture (encyclopaedia)... et qu’une chaîne de littérature
serait la bienvenue mais je suppose qu’elle concurrencerait les émissions des
chaînes existantes qui ont besoin d’un audimat pour continuer. Et puis je
suppose que les auteurs préfèrent venir dans des émissions auxquels les téléspectateurs
sont habitués. Peut-être une chaîne câblée de littérature s’attachant à
des époques précises de l’Histoire serait-elle envisageable ? Qui la
commanditerait ? Des éditeurs réunis ? 8)
Trouvez-vous les émissions littéraires actuelles élitistes ? populaires ?
Pourquoi ? -
Extrêmement élitistes. Il suffit d'avoir un nom pour être invité. Ce nom est
parfois prestigieux, les écrits de l'auteur sont connus et appréciés. Dans ce
cas, il est bien qu'il soit présent à l'émission pour offrir au public son
nouvel ouvrage. Dans d'autres cas, il suffit d'être le frère, le fils, la
fille, le cousin... d’une femme ou d'un homme connus pour être convié.
L’autre jour une adolescente de quatorze ans, habillée gothique, agressive,
auteur d'un livre que je ne veux pas nommer pour ne pas lui faire de publicité
est venue répandre son venin sur les ondes. C’était horrible mais la jeune
fille en question était la fille d’un député, alors... 9)
Quand je vous dis « peur du livre », cela vous évoque-t-il quelque
chose ? Pourrait-on le qualifier de phénomène récent ? Peut-on y remédier
d’après vous ? -
Je ne crois pas que les gens aient peur du livre. Simplement ils ne le
connaissent pas, ne l’ont jamais touché, ne sont jamais allés dans une
bibliothèque ou entrés chez un libraire. La télévision suffit à leur
« culture », les SMS à leur besoin de s’exprimer. 10)
Quel serait selon vous l’ingrédient clef d’une bonne visibilité du livre
à la
télévision ? -
Cette question est également itérative : j’y ai répondu en parlant des
heures plus appropriées. 11)
La littérature a-t-elle une place conforme à vos attentes à la télévision ?
Des suggestions ?
- Certainement pas. Mais que peut faire un
public restreint même s’il est cultivé face à des chaînes qui ont besoin
d’un audimat et de beaucoup d’argent pour survivre? J’espère avoir répondu correctement à vos questions. Cordialement Lise Willar. Il est tant de revenir maintenant à des sujets plus habituels. J’ai selon mon habitude funeste regardé hier soir la télévision et je dois reconnaître que même l’émission de Laurent Ruquier était un peu plus relevée qu’à l’habitude . Un des invités était intéressant. Il s’appelle Rachid Djaïdani et publie son deuxième livre « C’est mon nerf ». Son premier fut un succès de librairie et s’intitulait « Boumkoer ».[5] Cet homme jeune qui est acteur, comédien et maintenant auteur s’exprime avec clarté dans une langue qu’il adapte à ses propres besoins et qui est réaliste plus que vulgaire. Je n’ai encore trouvé aucune critique de « C’est mon nerf » : Il semble que le jeune auteur doive encore faire lui-même sa promotion. Ca ne durera pas, j’en suis persuadée. J’ai également eu la chance
de zapper sur Canal+ au moment où deux grands reporters qui ont réalisé un
documentaire à Nadjaf[6]
et à Falloudja[7] malgré tous les risques
qu’une telle entreprise comporte étaient interviewés par Emmanuel Chain :
Grégoire Deniau qui ne se serait même pas targué d’être le fils de son célèbre
père si on ne lui avait posé la question et Stéphane Villeneuve. Ils ont pu
s’infiltrer malgré les Américains et les insurgés iraqiens dans les deux
villes au risque d’être enlevés ou tués par les uns ou les autres. Grégoire
Deniau et son assistant ont d’ailleurs été arrêtés par les GI’s et
maintenus cinq heures les yeux bandés jusqu’à ce qu’on les dépose dans le
désert à 20heures 30 et qu’on leur dise : « Attention, dès la
tombée du jour, nous tirons sur tout ce qui bouge ! Je suppose que je
n’ai pas besoin de revenir sur tous les évènements tragiques qui se sont déroulés
durant les trois semaines où les troupes américaines ont fait le siège de
Falloudjah. De toutes façons, j’en saurai plus ce soir puisque les
documentaires des deux hommes passeront en exclusivité sur Canal+. Je n’arrive pas à me faire à
ces célébrations grandioses de la défaite de Diên Biên Phû même s’il
est juste de rendre hommage aux troupes qu’on a envoyées là-bas se faire
massacrer par le Viêt-minh. Il faut dire que les nôtres ne se sont pas fait
faute de tuer quand ils en avaient l’opportunité. Télérama dit justement
qu’il y a dans le film de Pierre Schoendoerffer qu’on repassait hier soir à
la télévision une sorte de nostalgie de l’horreur où jamais la légitimité
de cette guerre n’est évoquée. Inutile de préciser que mon
polar a été remplacé par le merveilleux match de l’OM qui me rend chaque
jour le foot plus odieux. Mais j’ai eu de la chance : On me proposait
dans « Envoyé Spécial » l’histoire d’un serial killer qui a tué
plus de cent femmes il y a vingt ans et que l’on n’a pas arrêté tellement
la réputation sociale et professionnelle de l’homme était sans tache… Vive
la télé réalité à tous les niveaux. On me dira que j’aurais pu me sauver
sur la 6 où Benjamin Castaldi qui vient d’écrire un « bon »
livre racontant les amours d’Yves Montant et de sa belle-fille Catherine Allégret
(apparemment la mère du dit Benjamin) célébrait les nouvelles stars ou sur
Canal+. Malheureusement, je n’ai aucune affinité avec les nouvelles stars et
je n’ai pas apprécié à sa juste valeur le film de Valéria Bruni dont on
dit le plus grand bien : « Il est plus facile pour un chameau… »
Je suis trop exigeante bien sûr. Le 19 mai Je reviens de Caderle où je
suis allée répondre aux questions d’élèves de seconde du lycée d’Alès
qui avaient lu « Le Journal de mon Adolescence » où j’ai noté
jour après jour les évènements quotidiens d’une époque déjà lointaine,
les trois premiers mois qui ont suivi l’armistice signée entre Pétain et
Hitler. J’ai été agréablement surprise non pas du contact qui s’est immédiatement
établi entre ces jeunes et moi-même car j’ai eu souvent l’occasion dans ma
vie de parler en public mais surtout des questions pertinentes qu’ils m’ont
posées, le journal ne leur ayant pas donné bien sûr toutes les réponses. Ils
m’ont surtout fait plaisir en me disant qu’ils avaient eu connaissances de
tous les faits que j’ai relatés par les médias, leurs professeurs et les
livres mais que j’étais pour eux un témoignage vivant, le premier qu’il
leur ait été donné de connaître. Notre rencontre est une preuve que des
liens peuvent s’établir entre les générations sans qu’il y ait forcément
conflit. J’ai aussi travaillé avec mon
ami Jacques à l’installation de mon futur site littéraire. Comme je n’ai
pas l’intention à mon âge de refaire les éditeurs, une entreprise
incertaine et trop aléatoire pour les auteurs qui ne sont pas reconnus ou
n’ont pas des liens directs avec l’édition ou avec les médias, je me
contenterai de me faire connaître par mes écrits grâce au web. J’ai eu déjà
tellement de lecteurs attentifs qui, suite à la lecture de mes Mots…dits sur
<ecrits-vains.com> m’ont envoyé des messages de tous les coins du monde
que je pourrai peut-être leur en apprendre plus sur moi et mes « œuvres »
en les publiant que un média avec lequel ils sont familiers. Je n’ai pas encore su le
loisir de regarder l’enregistrement sur Nadjaf et Falloudja mais je le ferai
à la première opportunité car j’aimerais inclure le récit de ce
documentaire dans ma prochaine chronique. En ce qui concerne les évènements
quotidiens, je m’aperçois que la France doit se débattre dans des problèmes
financiers de toutes sortes et que le festival de Cannes, même s’il est
tambouriné sur toutes les chaînes, n’aura pas un grand impact sur notre vie
problématique. Les exactions en Iraq continuent à faire parler d’elles ainsi
que les entreprises de Sharon en Palestine. Je voudrais qu’une solution soit
enfin apportée à ce dur problème mais je crois que nous n’en sommes déjà
plus là : les Palestiniens veulent en majorité le rejet de tous les Juifs
d’Israël et même, si c’est possible, de toute la terre. Alors je leur répète
encore une fois : la solution finale à notre encontre ne simplifiera la
vie de personne car les hommes et les princes qui nous gouvernent trouveront immédiatement
une autre tête de turc pour lui briser la tête. Le 20 Mai Les inondations consécutives
aux pluies torrentielles qui se sont abattues sur l’île d’Hispaniola, dans
les Caraïbes, est au moins de 1.950 morts, ont fait savoir mercredi des
responsables haïtien et dominicain. Le
bilan a grimpé fortement avec la découverte de plus d’un millier de corps à
Mapou, ville du sud-est de Haïti relativement isolée du reste de l'île, a
fait savoir Margareth Martin, chef de la protection civile du sud-est haïtien.
Au total, au moins 1.660 personnes ont été tuées à Haïti, dont un millier
à Mapou, 500 dans d’autres parties de l’île, 158 dans la ville de Fond
Verettes et deux autres à Port-à-Piment, dans le sud. Les autorités de la République
dominicaine ont de leur côté fait état de 300 morts. Haïti n’avait véritablement
pas besoin de cette catastrophe « naturelle » qui vient s’ajouter
à tous les problèmes politiques et sociaux de tant de pauvres gens. Quand je
pense à Haïti, je me dis que les Chefs d’Etat successifs qui prennent le
pouvoir dans les anciennes colonies de tous les pays occidentaux n’ont pris de
nous que nos tares ! Et, une
fois de plus, ma pensée rejoint l’âme de Léopold Sedar Senghor. Le 24 mai 2004 J’ai visionné le documentaire
et n’en parle pas ici car il fait l’objet de mes prochains Mots…dits. Je
peux tout de même dire qu’il a fallu bien du courage à ces reporters et à
leurs cameramen pour s’infiltrer dans des villes aussi dangereuses. Je ne
parlerai pas non plus ( !) de la palme d’or du Festival de Cannes car je
suis entrain de lire le dernier livre de Michael More Dude,
Where is my country ? et là encore je réserve mon jugement jusqu’à ce
que j’ai fait la critique du livre sur mon site littéraire. Alors quelles sont les bonnes
nouvelles de ces derniers jours en dehors des tueries du Moyen-Orient ? Le
chantier de déblaiement d’une portion de la voûte du terminal 2E de Roissy,
qui s’est effondrée dimanche, a été évacué à la mi-journée, de nouveaux
craquements ayant été entendus. J’ai appris aux informations que
l’architecte rentrait en toute hâte de Chine où il construit, je crois, un métropolitain
(je peux me tromper.) J’espère que son contrat avec les Chinois est définitif
parce qu’autrement il aurait pas mal de souci à se faire quant à son
prochain retour chez nos amis ( !) d’Extrême Orient. Une autre bonne nouvelle : Le procès des 17
accusés du supposé réseau pédophile d’Outreau reprendra ce lundi dans un
climat de polémique sur l’action judiciaire qui dépasse l’audience de
Saint-Omer. Après les rétractions de quatre personnes, qui sont revenues sur
des accusations portées contre 13 autres suspects, la cour d’assises du
Pas-de-Calais doit entendre ou réentendre une quinzaine d'enfants qui auraient
été victimes d’abus sexuels entre 1995 et 2000 et ce, malgré les
avertissements de Monsieur Badinter qui a souligné combien il faut être bon
avec les enfants mais pas forcément croire à leurs paroles. En
l’absence d'éléments matériels, les accusations initiales de ces enfants
contre 13 des suspects, jugées crédibles par des experts, constituent les
dernières charges. La défense estime que ces accusations relèvent pour
l’essentiel de l’affabulation. L’audition du premier juge d’instruction de
l’affaire, Fabrice Burgaud, est aussi programmée en fin de semaine. Ce
magistrat de 33 ans qui occupait son premier poste lors de l’affaire est
critiqué par la défense. Il a été promu depuis lors substitut du procureur
à la section antiterroriste de Paris. Le
programme pourrait être bouleversé car la défense a violemment protesté
jeudi contre le maintien en détention, contre l’avis du parquet et des
parties civiles, de sept des huit accusés que les avocats estiment définitivement
blanchis. Le
27 Mai L’imam
radical Moktada Sadr a proposé de retirer ses miliciens de Nadjaf afin de
mettre un terme aux combats avec les forces américaines dans cette ville sainte
chiite d’Iraq, a indiqué le conseiller à la sécurité nationale irakien.
Mouaffak al Roubaïe, citant un communiqué de Sadr, a précisé que l’imam
proposait le départ de ses combattants non originaires de Nadjaf en échange du
retrait des forces américaines et de l’abandon des poursuites engagées à
son encontre pour un meurtre commis en 2003. « Afin
de mettre un terme à la situation tragique à Nadjaf et à la violation des
lieux saints, je fais part de mon accord pour ce qui suit : la fin de toutes les
manifestations armées, l’évacuation des bâtiments public et le retrait de
tous les combattants de l’Armée du Mehdi. » Recherché
mort ou vif par les Américains, Sadr invite également les forces américaines
déployées à Nadjaf à se replier dans leurs bases afin de laisser la police
iraqienne prendre le contrôle de la sécurité de la ville. Il dit également
souhaiter l’ouverture de négociations avec la communauté chiite irakienne,
majoritaire dans le pays, sur l’avenir de l’Armée du Mehdi que les
Etats-Unis veulent démanteler. Les miliciens de Sadr ont pris les armes début
avril contre les forces emmenées par les Etats-Unis dans les villes chiites du
sud de l'Irak et dans certains quartiers de Bagdad. Les dignitaires chiites
iraqiens désapprouvent la stratégie adoptée par l’imam radical. Le
29 Mai Les
Américains vont-ils apporté cette fois encore de l’aide (comme ils l’ont
fait pour Bam) aux villages de montagne du nord et du centre de l’Iran frappés
par un violent séisme, qui selon un dernier bilan du Croissant-Rouge iranien a
fait 35 morts et 250 blessés. Depuis le tremblement de terre de vendredi, les
experts ont recensé 20 répliques dont une de magnitude 4,6 samedi matin dans
la ville de Bam (sud-est), qui selon la télévision iranienne a causé « des
dégâts mais pas de victime. » Le tremblement de terre de vendredi a été
si puissant qu’il a fissuré ou brisé des fenêtres dans le nord de Téhéran,
à plus de 100 km des villages les plus touchés. Dans la crainte d’un séisme
plus important, de nombreux habitants de la capitale ont dormi dehors, dans des
jardins, des parcs ou dans la rue. Une
faible secousse, qui n’a duré que quelques secondes, a été ressentie samedi
vers midi à Téhéran, et les autorités ont démenti des rumeurs faisant état
de l’imminence d'un tremblement de terre majeur dans la capitale. Selon le
Centre sismologique de l’université de Téhéran, le séisme de vendredi, qui
a eu lieu en fin d’après-midi, avait une magnitude de 5,5 et son épicentre
se trouvait dans le village de Baladeh, à 70 km au nord-est de Téhéran. Il a
toutefois a été mesuré par un institut géologique américain à une
magnitude de 6,2. Les
premières estimations du nombre de victimes faisaient état de 23 morts et
d’une centaine de blessés, avant que le bilan ne soit revu à la hausse. Deux
hélicoptères de learmée ont acheminé tôt samedi des équipes de secouristes
dans des villages reculés frappés par le séisme qui a coupé des axes
routiers menant à une dizaine de villages. La
route de montagne entre Téhéran et Chalous, située à 90 km au nord de la
capitale, était jalonnée de larges fissures et de gros rochers, qui ont également
détruit ou endommagé des voitures. La Société iranienne du Croissant-Rouge a
envoyé des équipes de sauveteurs avec des chiens entraînés à rechercher les
disparus, des équipes médicales et des tentes dans les zones touchées. Selon
des responsables cités par l'agence, une cinquantaine de villages ont été
secoués par le tremblement de terre. Et
puis, les bonnes informations habituelles : Les forces de l’ordre ont
ratissé lundi l’Arabie saoudite à la recherche d’activistes présumés
d’Al Qaïda en fuite après avoir pris des dizaines d'étrangers en otages
samedi à Al Khobar, dans l’est du royaume. L’ambiguïté du royaume
wahhabite est criante une fois encore : d’un côté, elle doit comme alliée
des Occidentaux et fournisseur de pétrole combattre Al Qaïda, d’un autre
elle est un des pays les plus rétrogrades, antiféministes, dictatoriaux du
monde, un des derniers ou le Parlement n’est pas élu mais les membres imposés
par le roi. Des
inscriptions néonazies ont été découvertes lundi matin près du domicile
d’un membre du Conseil régional du culte musulman d’Alsace et le contenu de
sa poubelle incendié a-t-on appris de source policière et préfectorale. Les
Musulmans pourraient au moins admettre qu’ils ont en commun avec nous d’être
la cible de gangs antisémites. Ce serait un pas vers la réconciliation des frères
ennemis. Une
voiture a explosé lundi dans une rue très fréquentée de Bagdad, faisant deux
morts et plusieurs blessés, ont annoncé des témoins et la police : Je
n’ai pas entendu d’information nouvelle au sujet de l’arrestation de
Muqtada al-Sadr.
Le
31 mai Malek
Boutih, ancien (ou actuel) président de SOS. Racisme, chargé des questions de
société au Parti Socialiste, était hier l’invité de Carl Zero à son vrai
journal. Interrogé sur le mariage des homosexuels, il a été comme nombreux
d’entre nous à penser que donner tant de publicité à ce non-événement est
un bon moyen de cacher les véritables problèmes auxquels la France est en ce
moment confrontée : son
avis est que le droit au mariage
des couples gays et lesbiens est « une question anecdotique ».
Il rejoint là Ségolène Royal bien qu’il soit d’avis qu’« à
partir du moment où la question a été posée, il fallait y répondre. »
Je crois que si Lionel Jospin est d’un avis contraire, c’est sans doute
qu’il est plus âgé que ses amis politiques et réagit d’une façon plus
conservatrice. Le
5 juin Depuis
quinze jours, nous n’avons vu et entendu parler que de tennis et de débarquement,
de réconciliation et d’amitié entre les peuples. Alors pourquoi cette haine
entre les hommes ? Le
fils du rabbin de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), un adolescent de 16
ans, a été agressé dimanche devant son domicile par six jeunes gens qui
l’ont insulté et frappé. Selon la préfecture, l’adolescent, qui arrivait
en scooter à son domicile, a été l’objet d'insultes à caractère antisémite
de la part d'un premier agresseur qui a commencé à le frapper. Le
jeune homme a tenté de se réfugier dans son immeuble mais cinq autres jeunes
gens l’ont à leur tour frappé avant d'essayer de lui dérober son scooter.
Il a finalement réussi à se réfugier chez une voisine, a-t-on appris de même
source. Le garçon a été conduit par son père aux urgences de l'hôpital
Ambroise Paré où il a reçu les premiers soins.
Un
adolescent juif a été blessé d’un coup de couteau au thorax vendredi après-midi
devant une école juive d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). L’agresseur
a crié en arabe « Allahou akbar » (Allah est grand) avant de
frapper vers 15h50 le jeune juif de 17 ans qui sortait de son école, puis de
s’enfuir, a précisé la police judiciaire de Paris. L’état de santé de la
victime est jugé « sérieux » mais ses jours ne sont pas en danger,
a-t-on précisé de même source. Pourquoi
cette haine qui, tel le phénix, renaît éternellement de ses cendres ?
Parce que des nations puissantes comme les Etats-Unis et l’Union Soviétique
rebaptisée Russie ont entrepris des guerres injustes contre des peuples
qu’ils disaient vouloir libérer ou démocratiser, se gardant bien de déclarer
ouvertement leur désir d’hégémonie ou leur besoin urgent de pétrole, créant
de toutes pièces à coups de bombardements, de tueries et de tortures des
hommes nouveaux (les Tchétchènes et les Iraqiens entre autres) qui ne
pouvaient avoir en eux que de la haine. L’histoire de l’Etat d’Israël et
de la Palestine doit être placée dans un contexte complètement différent même
si le résultat est le même : la haine non de l’Israélien (que nous
pourrions encore comprendre) mais celle du feuj (mot admis à l’ODS ou
Officiel du Scrabble 2004) dont nous subirons les séquelles jusqu’au jour du
jugement dernier. Le
7 Juin J’ai
regardé hier les fêtes commémoratives du débarquement. Pour moi qui redoute
n’importe quel défilé du 14 juillet et tout le déploiement militaire, je
dois dire que je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi beau de ma vie. Tout
était merveilleux, la présence des vétérans, les discours des intervenant
qui ont prononcé leurs discours en tant que chef d’Etat et non pas comme les
représentants politicards qu’ils sont en général. Messieurs Poutine et
Berlusconi se sont faits si petits qu’on les à entrevus à peine quelques
secondes. Avoir écouté avec plaisir Chirac qui n’a pas une seule fois fait
une liaison malencontreuse, c’est un miracle. La joie se lisait dans tous les
yeux des gens qui étaient venus de leur pays ou de leur région pour assister
à l’événement. Je
suis arrivée, en même temps, à zapper sur le match entre les deux Argentins
à Roland-Garros : Je me demande véritablement si les crampes de stress de
Caudio étaient véritables ou simulées, véritables sans doute puisque, après
avoir perdu deux balles de match, il l’a définitivement perdu. Cette
belle journée a eu le soir son apothéose : comme, c’était la fête des
Mères, j’ai rejoint mon fils au restaurant de l’Ile enfoui sous les arbres.
Il faisait si beau que nous avons pu dîner dehors et jouir de la douceur
d’une soirée de printemps. Thierry m’a offert un bijou « Do Do » :
Il paraît que c’est en ce moment un must mais il faut dire que si je suis à
peu près au courant des nombreux évènements qui viennent assombrir en général
notre quotidien, je ne suis pas véritablement « in » en ce qui
concerne la mode. J’ai en ce moment, accroché au cou et chers à mon cœur,
quatre bijoux qui sont venus de mes enfants. J’en suis ravie. Le
10 Juin Je
n’ai pas parlé en son temps du mariage du Prince Felipe d’Espagne parce
que, tout d’abord je me désintéresse complètement des mariages princiers,
mais surtout parce que cet homme est le petit-fils du côté maternel de la
reine Frédérique de Grèce de sinistre mémoire puisqu’elle a fait partie
des Jeunesses Hitlériennes[8] et que les Anglais n’ont
pas craint de lui jeter des pierres quand elle est venue à Londres après la
guerre avec son mari Georges Ier. J’avais
cru à tort que Moktada Sadr avait été arrêté par les Américains à Nadjaf.
Apparemment il n’en est rien et les échauffourées se poursuivent
quotidiennement : Au moins deux personnes ont trouvé la mort lors
d’affrontements entre policiers irakiens et miliciens chiites de Moktada Sadr
jeudi malgré une trêve en vigueur depuis la semaine dernière. Des tirs
sporadiques ont retenti dans les rues de la ville, des policiers parcourant les
rues en camionnette et affrontant des miliciens chiites munis de fusils et de
grenades RPG. Hamza Abdoul-Hussein, un responsable de l'hôpital de Nadjaf, a déclaré
que deux personnes avaient été tuées dont un policier irakien. Il a ajouté
que 24 autres personnes avaient été blessées dont de nombreux policiers dans
ces accrochages qui ont éclaté dans la nuit de mercredi à jeudi. Nous
nous rappelons tous les martyrs d’Oradour-sur-Glane mais nous nous souvenons
moins bien de ceux de Tulle qui furent exécutés le 9 juin 1944. Est-ce par ce
qu’ils ont été arrêtés par les Allemands suite à la retraite des
maquisards devant la 2ème division des Waffen SS ? Voici ce que
j’ai retrouvé dans les archives de Dordogne et de Corrèze : La
France martyre de Dordogne et de Corrèze lorsque la 2ème division de Waffen SS
Panzer division « Das Reich » sème la mort et la terreur sur son passage. La
2ème division de Waffen SS, Das Reich, après avoir été décimée sur le
front de l’Est en Union soviétique est en cours de reconstitution dans la région
de Montauban. Cette unité jouit d'une réputation de terreur acquise en
Ukraine. Après le débarquement de Normandie, la division Das Reich reçoit
l'ordre de se positionner dans la région de Tulle et de Limoges afin
d’effectuer des opérations de ratissage contre les maquis. A Tulle, le 9
juin, 99 personnes sont pendues dans les rues de la ville en représailles. Une
autre « action exemplaire » est envisagée depuis plusieurs jours. Elle aura
lieu le 10 juin à Oradour-sur-Glane. Le village est encerclé et la population
rassemblée sur la place. Les SS entraînent les hommes par petits groupes dans
des granges gardées par des batteries de mitrailleuses. Vers 17 heures, un
signal est donné par un officier SS et les soldats ouvrent le feu avec leurs
armes automatiques. Au même moment les femmes et les enfants sont enfermés
dans l’église. Des SS allument à l'intérieur des grenades asphyxiantes puis
après avoir tenté d’incendier l’église dynamitent la voûte qui s’abat
sur les corps des victimes. Les cadavres sont ensuite arrosés d’essence et brûlés.
Les restes sont enterrés dans des charniers. On pénètre aujourd’hui dans
les ruines de ce village martyr comme dans un immense cimetière. Le
12 Juin Le
créateur de « What’d I Say », « Georgia on My Mind »
et « Hit the Road, Jack » est mort, jeudi 10 juin, à Beverly Hills,
d’une maladie du foie. Compositeur, chanteur, pianiste, il avait porté la
soul music à son plus haut niveau, lui faisant franchir les barrières
raciales. Le
6 mars 2004 , Ray Charles est monté sur scène lors d’un gala à Los Angeles.
Quincy Jones et Stevie Wonder le soutenaient : C’est
la dernière fois que vous me voyez, je vous aime tous ! Qui
de Ronald Reagan ou de Ray Charles Les Américains regretteront le plus, le Président
des Etats-Unis, ancien acteur de westerns ou le génial pianiste et compositeur né le 23 septembre 1930 dans une
famille pauvre à Albany en Georgie qui devint aveugle à l’âge de six ans.
Envoyé par ses parents dans une institution spécialisée en Floride, il y
apprend le piano, l’orgue, la clarinette, le saxophone et la trompette. Messe
obligatoire tous les dimanches. Il découvre le negro spiritual, le gospel,
capte avec délectation ces échanges entre le prête qui officie depuis son
autel et l’assistance qui répond en choeur. Le monde en tout cas se
rappellera surtout Ray Charles. Le
16 juin J’ai
accompli dimanche mon devoir de citoyenne même si le cœur n’y était pas car
l’entrée de la Pologne en Europe est pour moi un pétale qui s’ajoute à la
fleur du catholicisme conservateur et un gros poids social, commercial et pécuniaire
avec une population trop importante comparée aux autres pays de cette nouvelle
identité que nous appelons « Europe. » Le seul instant humoristique
de la soirée fut l’interruption des débats sur France 3 quand Christine
Ockrent coupa la verve d’un invité en annonçant la victoire in extremis de
la France sur l’Angleterre à l’Euro de foot. Admirer l’arrêt par la tête
de Barthès du coup de pied de Beckam puis les deux buts marqués par Zidane
furent un enchantement même pour une personne telle que moi qui s’intéresse
peu à ce sport international. Je
trouve que tout le tohu-bohu qui a été fait autour du mariage des homosexuels
de Noël Mamère est un rideau qui cache la scène plus amère de nos différends
et de nos difficultés. Ce qui fut atroce, toutefois, c’est entendre de
« bons » Français crier à Bègles même le jour de la cérémonie
« Les homosexuels au camp de concentration ! C’était affreux,
indigne, inimaginable à tel point que j’aurais voulu les y voir, eux, les
bien-pensants, pour un jour seulement livrés aux barbares que furent les nazis
des camps de la mort. Ils y auraient appris peut-être le respect de la vie
humaine si toutefois ils sont capables d’apprendre quelque chose.
Michael
Moore a plaidé le 13 juin la cause de son documentaire militant antiguerre et
anti-Bush Fahrenheit 9/11, qui vient d’être classé « R »
(pour « Restricted »), c’est-à-dire interdit aux mineurs
de 17 ans non accompagnés, décision prise
par la MPAA, l’association professionnelle qui régit la censure aux
Etats-Unis : Il est malheureusement très possible que, dans les années
qui viennent, de nombreux jeunes de 15 ou 16 ans soient recrutés pour
servir en Irak. S’ils sont assez vieux pour être recrutés, aller au combat
et risquer leur vie, ils méritent bien le droit de voir ce qui se passe en
Irak. Le
cinéaste et ses distributeurs, la compagnie canadienne Lions Gate, ont décidé
de faire appel de cette décision, mais l’audience a été fixée au 22 juin,
alors que Fahrenheit 9/11 doit sortir trois jours plus tard, le 25. Des négociations
sont en cours pour avancer cette date. La MPAA justifie sa décision par la présence
d’images violentes et dérangeantes
et par le langage employé dans le film. Michael
Moore montre, en effet, certains détails des lynchages de civils américains à
Fallouja ainsi qu’une décapitation en Arabie saoudite. Tom Ortenberg, le président
de Lions Gate, fait valoir qu’il n'y a rien dans Fahrenheit 9/11 de
plus dérangeant que ce que nous avons tous vu sur les chaînes câblées.
Lions Gate doit distribuer le film dans plus de mille salles, un chiffre
jusqu’ici jamais atteint par un documentaire aux Etats-Unis. Pendant
ce temps, une organisation conservatrice, Move America Forward, dont les
fondateurs avaient déjà obtenu de la chaîne CBS qu’elle annule une série
consacrée au couple Reagan, fait pression sur les exploitants de salles de cinéma
afin qu’ils ne projettent pas Fahrenheit 9/11. Move America
Forward qui se définit comme une organisation qui soutient
nos troupes et la guerre contre le terrorisme
a posté sur son site Internet une page intitulée Stop
Michael Moore. On y trouve les coordonnées des
responsables de circuit d’exploitation que les militants de la cause
patriotique doivent inonder de mails leur demandant de renoncer à diffuser le
film de Moore. Je suis allée sur le site de Move America Forward
et voici ce que j’ai trouvé : In
response to the revolting efforts by the liberal news media to undermine the War
in Iraq and the constant attacks on our Commander in Chief, our military, and
the War on Terror by left-wing politicians, Republican Howard Kaloogian has
launched a national organization, Move
America Forward
which aims to bring together millions of Americans who believe we must prevail
in the War on Terror for the security of our nation.
If
you are as disgusted with the constant America-bashing by some disgraceful
politicians and self-indulgent media types as I am, then please join the
national campaign to support our courageous troops and our embattled President
in their efforts to successfully wage this vital war against terrorism, ces
lignes de présentation se traduisant par : En réponse aux efforts révoltants
des medias libéraux pour miner la Guerre d’Iraq et aux attaques constantes
contre notre Commandant-en-chef, notre armée,
la Guerre de Terreur proclamée
par les politiciens de gauche, le Républicain Howard Kaloogian a créé une
organisation nationale Move America Forward dont le but est de réunir
des millions d’Américains qui pensent que nous devons voir dans cette Guerre
de terreur un moyen d’assurer la sécurité de notre nation. Si vous êtes dégoûtés
par le besoin constant d’abaisser l’Amérique qu’ont quelques politiciens
scandaleux, rejoignez s’il vous plaît la campagne nationale de soutien à
nous troupes courageuses et à notre président harcelé dans leurs efforts de
gagner cette guerre vitale contre le terrorisme. Je
souhaite et je suppose que je ne suis pas la seule à le faire un heureux dénouement
à toute cette affaire et la possibilité pour les Américains de tous âges de
voir le film de Michael Moore. La France s’est voilée la face durant
cinquante ans après la Guerre d’Algérie pour ne pas évoquer les tortures
affligées aux Algériens sur ordre de nos dirigeants politiques et militaires.
Gageons que les cinéastes américains qui ont été beaucoup plus prompts que
nous à faire des films sur la Guerre de Corée ou du Vietnam comprendront les
arguments de Michael Moore et que nous n’assisterons pas à une nouvelle période
conservatrice et vengeresse comme le fut celle du maccarthysme. Le
18 juin Chaque
année, quand revient l’anniversaire de l’appel du 18 juin, je me répète
la même chose : J’ai admiré trois actions du Général de Gaulle, pas
une de plus, à savoir sa proposition refusée par Pétain, alors membre du
Conseil Supérieur de la Guerre, de construire dans les années 30 des chars
d’assaut comme le faisait Hitler durant la même décennie, son appel du 18
juin suivi naturellement de son retour en France et sa détermination à faire
avec l’aide de Adenauer alliance avec l’Allemagne. J’ai détesté son
appartenance à la droite conservatrice et même plus puisque sa famille
appartenait à ce qu’on appelait alors « les Camelots du Roi », sa
participation à la Guerre des Russes Blancs menée à partir de la Pologne
contre les troupes bolchéviques (je ne renie pas le fait même si j’ai appris
à détester les Staliniens après la Seconde Guerre Mondiale), sa mauvaise
gestion financière qui a laissé les caisses de l’Etat sans un centime à son
premier départ pour Colombey-les-deux-Eglises et tout ce que je ne veux pas
dire sinon que je refuse d’encense n’importe quelle personnalité politique.
L’homme que j’ai le plus respecté, Mendès-France, ne l’a jamais été et
pourtant il était à mes yeux plus grand que de Gaulle ! Je
pourrais parler tous les jours de l’Iraq et de la souffrance de tous ses
habitants, les Bagdadi en particulier mais comme je ne peux rien changer à la
politique des princes qui nous gouvernent mal ( !), je passe de temps en
temps à autre chose. Il n’empêche, cette guerre de souffrances et de viol
des droits de l’homme est toujours présente dans mon esprit et je me demande
avec anxiété si les choses seront pires ou simplifiées après le 30 juin.
Voici en tout cas les dernières nouvelles : Deux
attentats à la voiture piégée ont fait une quarantaine de morts jeudi Bagdad
où le nouveau ministre de la Défense a annoncé une offensive imminente contre
les caches d’insurgés dans le pays, laissant entendre que les forces
irakiennes reconstituées étaient à même de se passer désormais des Américains
dans ce domaine. Aux Etats-Unis, alors même que la commission sur les attentats
du 11 septembre a conclu qu’aucun rapport ne pouvait être établi entre
l’ex-régime baassiste et le réseau Al Qaïda, George Bush, à l’instar de
son vice-président Dick Cheney, a persisté et signé jeudi. Il a estimé
qu’un lien avait bel et bien existé entre l’ex-dictateur iraqien et la nébuleuse
d’Oussama ben Laden, assurant dans le même temps que son administration
n’avait jamais dit que le régime de Bagdad avait joué un rôle dans les
attentats du 11 septembre. La
raison pour laquelle je persiste à dire qu’un lien existait entre l'Irak et
Saddam et Al Qaïda, c’est qu'il existe une relation entre l’Iraq et Al Qaïda
a-t-il
déclaré, ajoutant : L’administration n’a jamais
dit que les attentats du 11 septembre avaient été ourdis de concert par Saddam
et Al Qaïda. Nous avons dit qu’il avait existé de nombreux contacts entre
Saddam Hussein et al Qaïda. Un
attentat suicide a tué au moins 35 personnes et fait autour de 140 blessés
jeudi devant un centre de recrutement militaire dans l’ouest de Bagdad, devant
le centre de recrutement proche de l’aéroport Moussanna, zone pourtant sous
haute surveillance. C’est parmi les passants que l’explosion a fait le plus
de victimes, les recrues se trouvant à l’intérieur n'ayant pas été touchées.
C’est
un lâche attentat. Il s’agit d’une nouvelle démonstration du fait que ces
attaques visent la stabilité de l’Iraq et son peuple
a déclaré le Premier ministre irakien, Iyad Allaoui, qui s’est rendu sur les
lieux du carnage. Les actes de guérilla se multiplient depuis quelques jours,
à l’approche de la date du 30 juin prévue pour le transfert de souveraineté
aux Iraqiens. Six membres de la défense civile iraqienne ont été tués jeudi
au nord de Bagdad dans l’explosion d'une autre voiture piégée. L'attentat
s'est produit devant des bâtiments communaux, à Yethrib. Je
regarde chaque soir sur Arte un documentaire tourné en Février 2004 à Bagdad
par Romain Goupil[9] et je constate que les
choses n’ont pas cessé d’empirer depuis quatre mois. Dans le quartier résidentiel
qu’habite (qu’habitait ?) la famille filmée par le cinéaste, des
maisons se construisent, des paroles d’espoir dans un avenir meilleur sont
prononcées : le seraient-elle encore aujourd’hui avec le même optimisme
que j’ai observé chez la femme très cultivée d’un journaliste chiite
(puisqu’il nous a parlé de l’achoura qu’on fêtait dans le village de son
enfance) parlant français plus que couramment.
Pour
en revenir à cette semaine, un soldat hongrois membre de la coalition
internationale a en outre trouvé la mort jeudi et un autre a été grièvement
blessé dans une explosion au passage de leur convoi. Quelques heures après ces
actes de violence, le ministre iraqien de la Défense, Hazim al Chalaan,
recourant à des formulations particulièrement dures, a annoncé le lancement
imminent d’opérations militaires contre les insurgés. Le
moment est venu de punir les responsables (de
l’insurrection.) Les jours à venir vont voir des
batailles décisives s'engager. Nous les
pourchasserons maison après maison, nous leur couperons les mains et les décapiterons, a-t-il ajouté. Les
forces de sécurité utiliseront leurs armes lourdes et des blindés
précise le ministre pour lequel l’aide de l’armée américaine se limitera
à un soutien logistique. Pour
les Américains cependant, les forces iraqiennes renaissantes ne sont pas encore
à même d’assumer seules la sécurisation du pays et Paul Wolfowitz, secrétaire
adjoint du département américain de la Défense en visite jeudi à Mossoul,
dans le nord de l’Iraq, a affirmé que l’armée américaine resterait dans
le pays jusqu’à ce que les forces iraqiennes soient jugées suffisamment
puissantes pour faire front seules. Le rôle des forces de la
coalition après le 1er juillet est de soutenir les forces de sécurité
irakiennes aussi longtemps qu’elles auront besoin d’aide. Dans les temps qui
viennent, elles auront besoin d’une aide considérable et les aider est la
mission que nous voulons accomplir, a dit Wolfowitz. Outre les
insurgés iraqiens, le pouvoir en place et les troupes d’occupation continuent
à faire face à des éléments d’Al Qaïda infiltrés et, jeudi, un Saoudien
a déclaré à Reuters que son frère, appartenant à l’organisation dirigée
par un responsable d’Al Qaïda, Abou Moussab al Zarkaoui[10],
avait perpétré l’attentat suicide de lundi dernier à Bagdad. Khaled al
Chimri a déclaré que son frère Abdallah avait passé en Iraq près de deux
mois avant l’attentat dans lequel 13 personnes ont été tuées dont cinq étrangers
employés par une filiale du conglomérat américain General Electric. Le 19 juin Je suis allée hier à une
nouvelle signature de poèmes écrits par mes amis Elodia et Jean-Marc. Décidément,
je me demande ce que nous deviendrions sans les mots qui nous enchantent et nous
aident non seulement à les exprimer mais à nous distancer de ces histoires qui
chaque jour apportent une preuve
que l’homme du troisième millénaire régresse un peu plus chaque jour. En
rentrant j’ai regardé le dernier volet du documentaire de Romain Goupil sur
une famille de Bagdad dont les images principales étaient celles d’un mariage
où se mêlaient traditions et modernisme. Je souhaite vraiment que Romain
Goupil puisse tenir les promesses qu’il a faites à ses amis de Bagdad,
c’est-à-dire de revenir en Février 2005 pour les filmer dans la vie qu’ils
auront alors. Je souhaite ardemment qu’il puisse le faire et qu’une vie
normale ait repris d’ici un an dans la capitale iraqienne. Je voudrais savoir
si l’entrepreneur aura réussi à bâtir cette belle maison et ce dôme
transparent dont il espérait la coiffer !
Décidément, les choses vont
tellement vite que parfois je n’arrive plus à suivre. En tout cas, un haut
responsable des services de sécurité saoudien vient de confirmer qu’Abdelaziz
Moukrine, chef présumé d’Al Qaida dans la péninsule arabique, avait bien été
tué. Un peu plus tôt, un site Internet islamiste avait relayé un communiqué
attribué à Al Qaida dans lequel l’organisation d’Oussama ben Laden démentait
que Moukrine ait été abattu vendredi soir par les forces saoudiennes. Le
communiqué s’exprimait en ces termes :
Suite à l’information mensongère
sur la mort d'Abdel Aziz Al-Mouqrin, nous voulons affirmer que de telles allégations,
propagées par les tyrans en Arabie saoudite, visent à saper le moral des
moujahidine dans la Péninsule Arabique.
Selon
la version des Saoudiens, Moukrine a été tué ainsi que deux de ses
collaborateurs alors qu’il se débarrassait du corps de l’otage américain
Paul Marshall Johnson que son groupe avait enlevé et venait d’exécuter, un
ultimatum adressé aux autorités venant d’expirer sans qu’Al Qaida obtienne
satisfaction : Nous
avons décapité l’otage américain Paul Marshall Johnson après
l’expiration de l’ultimatum lancé
au tyrannique gouvernement saoudien peut-on lire dans un
communiqué diffusé par le site Al-Islah et signé par Sawt Al-Jihad,
l’organe d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique. Mardi 15 juin, Al-Qaida
avait diffusé sur Internet des images de l’otage les yeux bandés en exigeant
des autorités saoudiennes la libération de tous ses militants emprisonnés en
Arabie dans les soixante-douze heures, faute de quoi l’otage serait exécuté.
Cet acte de représailles vise à réconforter les cœurs des croyants en
Palestine, en Afghanistan, en Irak et dans la péninsule Arabique poursuivent les auteurs du texte. Les activistes
parlent également de vengeance face aux mauvais traitements infligés à des
musulmans dans les prisons d’Abou Ghraib, en Iraq, dans plusieurs prisons
saoudiennes et sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba. (Les
ravisseurs de Paul Marshall Johnson exigeaient que le gouvernement saoudien relâche
tous les prisonniers appartenant à la nébuleuse djihadiste et que les
occidentaux quittent le pays. Ces demandes furent officiellement repoussées
tandis que les appels à la libération de l’otage se succédaient, en vain on
peut le concevoir.) Nous devrons ainsi attendre confirmation de l’une ou
l’autre thèse. Il n’en demeure pas moins que la mort d’un responsable
n’est qu’un épisode puisqu’un autre renaît immédiatement de ses cendres !
Comme je voulais voir le
documentaire-fiction consacré à James Joyce, j’ai enregistré le Monde selon
Bush de William Karel. Je sais qu’il y égrène les éléments à charge
contre le Président des Etats-Unis et de son entourage, explique la politique
de l’Administration américaine depuis le 11 septembre et j’aimerais savoir
en quoi il se distance du livre de Michael Moore Dude, Where’s my Country et
de son film Farenheit 11/9. Le documentaire de William Karel sort en salle dès
Mercredi : pourra-il attirer une audience aussi importante que l’écrivain
et journaliste américain ? De toutes façons, je suppose qu’après
l’avoir visionné, j’en ferai l’un de mes mots…dits comme j’en ai
maintenant pris l’habitude avec les documents qui commentent l’actualité
aussi objectivement que possible. Dans la First African Methodist Episcopal Church, une
église afro-américaine de Los Angeles, mille deux cents invités parmi
lesquels Stevie Wonder, Clint Eastwood ou le révérend Jesse Jackson ont rendu,
vendredi 18 juin, un dernier hommage à Ray Charles, mort le 10 juin, à 73 ans.
A l’issue de la cérémonie, le musicien a été enterré au cimetière d’Inglewood.
L’un des enfants du créateur de What’d
I Say, le
révérend Robert Robinson, a d’emblée exhorté l’assemblée à célébrer
la vie. Si vous voulez faire quelque chose pour ma famille, allez-y, chantez,
applaudissez, tapez des pieds !
Les chœurs de la Crenshaw High School en robe bleu et jaune ont marqué le
rythme de leur gospel ardent. Ray,
on ne peut pas arrêter de t’aimer, on a décidé qu’on ne peut pas…, jure le révérend Jesse Jackson, paraphrasant un des succès
du chanteur, I
Can’t Stop Loving You. Clint Eastwood, qui a collaboré avec le musicien
pour le film Piano Blues, le qualifie de génie. Des absents ont envoyé des
messages - les musiciens Billy Preston, hospitalisé et Quincy Jones, en voyage
en Russie - ainsi que Bill Clinton, qui a écrit pour louer l'héritage
incroyable de ce chanteur, parolier et pianiste, dont l'énergie en scène était
électrisante. Sa voix expressive vivra à jamais dans nos cœurs et dans nos
esprits.
Dans l'assistance on reconnaît Little Richard, Glen Campbell et les magistrats
de la ville. Willie Nelson a bouleversé l’assistance en interprétant Georgia
on my Mind, le
classique que Ray Charles a dédié à son Etat natal. Le chanteur country à la
longue crinière grise a raconté comment, en tournée, il jouait aux échecs
avec Ray Charles, qui gagnait toujours. C’est une voix qui a touché mon cœur, m’a poussé à aimer plus
profondément, avoue Stevie Wonder, avant de chanter un gospel. Devant le
cercueil, Wynton Marsalis joue Down by the Riverside, à la manière des joyeuses processions funéraires
de La Nouvelle-Orléans. Sur la route du cimetière, le cortège funéraire est
passé devant le studio de Ray Charles sur Washington Boulevard, qui vient d’être
classé monument historique. Je m’aperçois qu’aux milieu
de tous ces évènements historiques ou artistiques qui me touchent profondément
parce qu’ils portent en eux la réalité de notre planète, je m’intéresse
peu à l’Euro de foot ou à l’élaboration de la nouvelle constitution européenne.
Il faut dire que les 25 n’ont pas l’air de s’entendre. Pourquoi le
feraient-ils d’ailleurs puisqu’ils ne sont encore (la France et l’Allemagne
exceptées) qu’une juxtaposition d’Etats qui n’ont pas jailli des mêmes
racines sociales, politiques ou religieuses.
[1]
Je m’aperçois que j’ai à deux reprises, à propos de Dalil
Boubakeur et de Soheib Bencheihk, employé le terme « ambigu. »
En fait, c’est bien l’expression qui convient ou tout au moins qui me
convient en parlant des musulmans de France dont je n’arrive pas toujours
à décoder l’attitude.
[2]
Céline Géraud, ancienne judoka et journaliste de sport actuellement, a
passé un Bac Economie en 1986, un Deug Communication au CELSA (Paris Pont
de Neuilly) en 1987 et est diplômée du Centre de Formation des
Journalistes (CFJ rue du Louvre) avec la formation Sportcom. [3]
Les propos officiels des chaînes de télévision ou de journaux ont été
relevés dans un article de jean-Christophe Pascal du « Courrier
International. » [4]
La marée noire envahit les côtes de Galice le 2 décembre 2002. Après
les catastrophes de l’Erika et de l'Amoco Cadiz, une fois de plus, le pétrole
était venu souiller les côtes de l’extrême-ouest de l'Europe. Le
« Prestige » s’est brisé et a sombré. Un pétrolier de 26
ans, chargé de 70 000 tonnes de fuel lourd, bas résidus de distillation
des raffineries, un vieux
rafiot bon pour la casse, repeint de frais, mais au pedigree suspect. En
pleine tempête hivernale - les concurrents de la Route du Rhum en savent
quelque chose - il s’est cassé en deux. Et voilà un produit visqueux et
dangereux pour l’environnement qui est venu polluer les côtes, des vieux
rochers aux moindres galets, et détruire, pour longtemps peut-être, les
principales sources de revenus des habitants de cette région. La Galice en
était à sa sixième catastrophe en vingt-cinq ans ! [5]
Yazad, Yaz, vingt et un
ans, habite dans une cité de béton comme il y en a plein (trop) partout. [6] Dès 1979, Mohammed Bakr al-Sadr émit une fatwa proscrivant l’adhésion au parti Bath et jugea licite le recours à la violence face à l’oppresseur. Il fut exécuté en compagnie de sa sœur l'année suivante, au lendemain d’un attentat manqué contre le vice-Premier ministre, Tarek Aziz, avant qu’un tracteur ne traîne les deux cadavres dans les rues de Nadjaf. Vingt ans plus tard, le régime condamnera à la pendaison un autre al-Sadr, Mohammed Sadeq. Sur un trottoir de la cité sainte, non loin du tombeau d’Ali, on vend sous forme de DVD les prêches du « deuxième martyr. » Le plus demandé ? Celui qu’il prononça le 19 février 1999, le jour même d’un assassinat qui déclencha de violentes émeutes. Dépourvu du bagage théologique de ses aînés, l’ambitieux Muqtada al-Sadr, porte-parole autoproclamé du peuple chiite, invoque aujourd’hui sa glorieuse ascendance. Déjà, ses partisans tissent leur toile dans l’ancienne « Saddam City », au nord de Bagdad. Peuplée de plus de 2 millions d’âmes, cette banlieue gigantesque et misérable a d’ailleurs été rebaptisée « Medinat Sadr », la ville des Sadr. J’ajoute que Muqtada al-Sadr revêt déjà pour haranguer ses foules l’étole blanche du martyr.
[7]
Ensablé
dans une confrontation sanglante avec les quelque 2.000 insurgés sunnites
retranchés dans Falloudja, l’état-major américain a retiré ses troupes
sur des positions plus éloignées de la ville, confiant à la police
irakienne et à une nouvelle force composée d’anciens soldats de Saddam
Hussein le soin d’y rétablir la sécurité. Plusieurs commandants américains
ont souligné que cette nouvelle stratégie, tournant le dos à la politique
de « débaassification » de l’Iraq mise en oeuvre il y a un
an, était une « expérience » susceptible d’être annulée.
Pas question non plus pour eux de renoncer à retrouver les meurtriers de
quatre civils américains à Falloudja le 31 mars, dont le lynchage a déclenché
l’offensive des « marines. » A Washington, un porte-parole du
Pentagone a souligné que les Etats-Unis suivraient « les yeux grands
ouverts » l’application de cet accord de Falloudja. Mais pour de
nombreux Iraqiens, l’arrivée du général Djassim Mohamed Saleh, ancien
de la Garde républicaine (garde prétorienne du dictateur) et de ses hommes
et le retrait des « marines » ressemblent à une débâcle
militaire pour l’armée américaine. « Allah nous a donné la
victoire sur les Américains » pouvait-on entendre depuis le
haut-parleur d’une mosquée de la ville. « Cette victoire est le
fruit des actes de bravoure des moudjahidine
(combattants de la guerre sainte) de Falloudja qui ont vaincu les
troupes américaines. » « Je suis certain que les Américains ne
reviendront pas dans cette ville après la leçon que leur a infligé la
population de Falloudja », affirme un habitant, Faouak Djabbar. [8]
J’ai recherché s’il existait des preuves de ce que j’avance
parce que je l’ai vécu mais apparemment les médias et les livres restent
très timides sur des faits que certains préfèrent sans doute oublier. [9]
Assistant opérateur de
1970 à 1973, Romain Goupil devient assistant réalisateur pour Chantal
Akerman, Roman
Polanski ou encore Jean-Luc
Godard. Après plusieurs courts métrages, il se lance dans le
long métrage en 1982.Lui qui a longtemps milité dans la Ligue communiste
consacre Mourir
à trente ans à l’amitié pendant les années activistes. Le
film lui vaut la Caméra d’or à Cannes et le César de la meilleure première
oeuvre. En 1989, il réalise Maman
avec Anémone
et A
mort la mort! qui traite de la génération Sida. Avec Une
pure coïncidence, documentaire présenté à la Quinzaine des réalisateurs,
il renoue avec les films d’activistes tournés en DV. Parallèlement à sa
carrière de réalisateur, Romain Goupil est également acteur. Il apparaît
notamment dans Vénus
beauté (institut), A
ma soeur ! ou La
Bande du drugstore. Des apparitions amicales chez des cinéastes
qui sont ses amis.
[10]
L’homme semble
occuper depuis quelques mois déjà une place prépondérante dans la liste
des terroristes les plus recherchés de la planète. L’administration américaine,
qui a mis sa tête à prix dix millions de dollars, le considère comme le
commanditaire des principaux attentats qui ont ensanglanté l’Irak depuis
la chute du régime de Saddam Hussein. Ce Jordanien de 38 ans, qui aurait
perdu une jambe dans un bombardement en Afghanistan, semble avoir un don
d’ubiquité puisque son nom est cité dans la plupart des attentats
islamistes de ces derniers mois, que ce soit en Iraq, en Espagne, au Maroc
ou en Turquie. La Jordanie, qui affirme avoir déjoué fin mars un attentat
à l’arme chimique qui selon elle aurait pu faire 80 000 morts - une
cellule d’al-Qaïda aurait été démantelée à Amman - accuse
al-Zarkaoui d’avoir financé cette opération. Il serait notamment derrière
les attaques suicide contre les forces de la coalition, contre le quartier général
des Nations unies à Bagdad et aussi contre les cibles chiites qui ont coûté
en mars la vie à des centaines de personnes dans la capitale irakienne et
dans la ville sainte de Kerbala. Plus récemment, la coalition a assuré
qu’il était derrière l’insurrection de Falloujah.
Faute d’avoir pu mettre la main sur le numéro 1
d’al-Qaïda, le milliardaire saoudien Oussama ben Laden, ou sur le cerveau
de cette nébuleuse islamiste, l’Egyptien Ayman al-Zawahiri,
l’administration américaine semble s’être trouvée un nouvel ennemi en
la personne d’Abou Moussab al-Zarkaoui. Son nom a été révélé pour la
première fois au grand public en février 2003 à la tribune des Nations
unies. Dans son réquisitoire contre le régime de Bagdad, le secrétaire
d’Etat américain, Colin Powell, affirmait en effet que l’homme était
le chaînon entre le réseau d’Oussama ben Laden et Saddam Hussein. Et
selon lui, cette information pouvait à elle seule justifier une offensive
contre l’Iraq devenue dans sa brillante démonstration la nouvelle plaque
tournante du terrorisme international. Depuis, le cours de l’histoire a rétabli
quelques vérités. Et si les armes de destruction massive de Saddam Hussein
n’ont toujours pas été découvertes, aucun lien entre le régime de
Bagdad et la nébuleuse d’al-Qaïda n’a non plus pu être établi.
Preuve ultime pour Washington de
l’implication d’Abou Moussab al-Zarkaoui dans les violences en Iraq :
la découverte par les forces de la coalition d’un document de dix-sept
pages dans lequel le Jordanien détaillerait sa stratégie pour ce pays.
Dans ce texte, révélé en février dernier par l’administrateur américain
Paul Bremer, le Jordanien appellerait ses partisans à tout faire pour
provoquer une guerre civile entre chiites et sunnites et créer une
situation de chaos qui pousserait les forces d’occupation hors d’Irak.
Ce document n’a jamais été authentifié et de nombreux spécialistes du
renseignement ont mis en doute son origine estimant qu’il était rare
qu’un terroriste poursuivi par toutes les polices du monde prenne le temps
de coucher sur le papier ses projets.
|